Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

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Humeur

jeudi 13 janvier 2011 (Date de rédaction antérieure : 28 septembre 2020).

- ÇA BOUGE AU LYCÉE ( [1])

A l’échelle de ma génération, la souffrance au travail est un phénomène nouveau. Nouveau aussi quand elle atteint des cadres, des fonctionnaires, des employés que les privilégiés des affaires ou de la politique désignent comme des nantis, des surprotégés. Il faut relire le livre de Christophe Dejours « Souffrance en France », construit autour de cette question « Pourquoi les uns consentent-ils à subir la souffrance, cependant que d’autres consentent à infliger cette souffrance aux premiers  ? » Paru en 1998, l’ouvrage, hélas, reste d’actualité… Un Inspecteur d’académie a dit un jour « Je sers une soupe que je n’ai pas préparée ». Il signifiait par là qu’il n’était pas entièrement d’accord avec la carte scolaire qu’il nous présentait.

Aujourd’hui, il y a des subalternes, des proviseurs et des principaux qui se prennent pour l’essentiel, qui confondent autorité et autoritarisme et qui jugent bon de cracher dans la soupe que d’autres doivent avaler. Les chefs d’établissement n’ont plus les moyens d’assurer la réussite scolaire et l’intégration sociale de la jeunesse. Il y en a qui acceptent en conscience d’assumer ce futur sans avenir ; le seul bonheur facile qui leur reste est le privilège de faire souffrir. L’incitation vient de haut. Dans l’Education nationale, le temps du mépris a été inauguré par le couple ministériel Allègre-Royal. D’autres ministres ont poursuivi l’objectif de dégraisser le mammouth, en rendant les enseignants responsables des conséquences de leur politique.

Au moment où ces lignes sont écrites, je ne connais pas les résultats de la rencontre entre les enseignants du lycée Gabriel Voisin et l’Inspecteur d’académie. Quoi qu’il en soit, leur révolte est courageuse et mérite d’être soutenue.

L’enjeu est important. Il est question ici de bien plus que de retraite, de salaires, d’effectifs de classe ou de conditions de travail. Ce qui est en jeu, c’est tout simplement la dignité humaine.

Guy Cure

Notes

[1Le titre de ce billet est tiré de la page d’accueil du site du lycée Gabriel Voisin.

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