Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

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COURRIER DES LECTEURS

jeudi 23 décembre 2010 (Date de rédaction antérieure : 25 septembre 2020).

- Colette DOLAT.

Suite à l’article de Noël Vimitch (« Élus et laïcité »), notre camarade Colette Dolat nous rappelle un événement survenu à St Mards en Othe en… 1901 ! Le 21 février 1901 en effet un habitant de la commune demanda (sans l’obtenir) que la croix toute neuve placée dans le cimetière soit retirée au prétexte que le cimetière était un lieu public et que la Révolution avait décrété la suppression de tout signe religieux dans les lieux publics.

Faut-il rappeler que la lutte pour la laïcité qui a débuté après 1870 opposa violemment république et religion. C’était une guerre genre Pepone / Don Camillo. Bien que les manifestations bruyantes se soient calmées, il reste toujours à faire respecter la laïcité dans l’Éducation nationale et dans la conduite des manifestations officielles nationales et locales comme l’article de N.Vimitch le signalait

- ..PRÊCHI-PRÊCHA

Une mine dans un champ de bleuets. C’est ce que je retiens de l’interview de l’économiste Bernard Marris, publiée le week-end dernier dans l’Huma hebdo. Que nous dit-il en substance ? Que l’économiste Marx était un génie, mais que l’historien Marx était un gros bénêt. “[...] le « paradis communiste » qu’il a beaucoup plus décrit qu’on ne le dit, est une utopie vaguement chrétienne et, pour tout dire, un peu niaise”. Les oeuvres complètes de Marx et d’Engels sont consignées dans leur langue de publication ou d’écriture sous l’acronyme de MEGA( [1]). Que signifie donc ce “beaucoup plus qu’on ne le dit” lourd de sous-entendus ? Des inédits ? Ou plutôt que B. Marris extrapole, comme bien d’autres avant lui pour faire dire à Marx ce qu’il n’a pas dit mais qu’on aurait bien aimé quand même qu’il dise. “[...] Il n’y a pas de destin, de fatalité communiste au-delà du capitalisme.” Destin, fatalité, paradis ! Saint-Bernard Marris prêche. Et il prêche pour la paroisse du réformisme - appelons un chat un chat - une nouvelle croisade contre Marx. Ce n’est pas le premier, ce ne sera pas le dernier. C’est dans les vieux chaudrons qu’on fait les meilleurs ratas. Marx pose le problème de l’aprèscapitalisme en termes de nécessité et d’évolutions objectives. La logorhée quasi-mystique de B. Marris lui était totalement étrangère. Peut-être même en aurait-il souri. Flottant comme des yeux de graisse sur sa soupe froide, quelques expressions qui fleurent bon la réaction : “barrières sociales, protectionnisme intelligent (!!!)...” avant la révélation d’une conclusion heureuse du capitalisme... “dans l’abondance des biens culturels”. L’idée, de prime abord, ne serait pas pour me déplaire, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer le triste galetas d’un SDF bourré comme une coquille d’escargot de “biens culturels”. Je ne crois donc pas que le prêchi-prêcha de Bernard Marris, huilé, fourbi et calibré sur le vieil étalon des renoncements, nous sortira le cul des ronces. Ce sont les luttes. Et c’est Marx qui le dit !

Le capitaine Tricasse

Notes

[1Marx-Engels-Gesamtausgabe, actuellement en cours de traduction française sous le nom de GEME (Grande Édition Marx-Engels)

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