Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

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Humeurs

jeudi 17 juin 2010 (Date de rédaction antérieure : 27 septembre 2020).

-  SANS-G(È)NE

Je me souviens, c’était au siècle dernier, nous nous battions mes collègues et moi du syndicat Unité et Action contre le génétisme, cette tendance à expliquer les bons ou mauvais résultats de nos élèves par l’hérédité. Nous étions des partisans de l’acquis contre les partisans de l’inné.

On refusait la notion de « dons ». On ne se battait pas seulement contre Giscard, Pompidou ou Chirac, mais hélas aussi contre une fraction non négligeable d’enseignants qui avaient acquis la conviction que l’inné représentait 25% et l’acquis 75%. La réalité proposée par la science aujourd’hui (Albert Jacquart, Axel Kahn) est toute différente. On ne peut démêler l’une et l’autre notion. Interaction et complexité sont les seules règles à considérer. Complexité qui signifie richesse. Richesse qui signifie humanité.

Pourtant, malgré les avis des commissions d’éthique et les découvertes scientifiques, le génétisme revient en force avec son corollaire le biologisme qui prétend que tout l’humain est réductible à un tas de nerfs de gènes et de muscles trempant dans une soupe de sang et d’hormones. « Nos gènes ne sont pas responsables de tout. Aucun gène ne commande un destin » affirme pourtant Axel Kahn. [1] Cela n’a nullement empêché Sarkozy d’affirmer en 2007 que le suicide, la pédophilie et les conduites déviantes étaient commandées par des gènes et donc susceptibles d’être repérées à la naissance et testées à l’École maternelle.

En 2008, Mariani, UMP, propose un test ADN avant tout regroupement familial. L’étoile jaune n’est pas loin. Ça serait chouette pourtant si on pouvait traquer l’alcoolisme, le tabagisme, la méchanceté, l’hypocrisie, par la génétique. Tiens, simplement le populisme : on ferait passer un examen de santé à notre président. Sûr qu’il devrait aller s’aliter.

Malicette

Notes

[1Conférence donnée à Mussy sur Seine le 12 juin.

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