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Humeurs ALIMENTS PÉRIMÉS

jeudi 9 avril 2009 (Date de rédaction antérieure : 19 septembre 2020).

-  ALIMENTS PÉRIMÉS

Peut-on vendre des aliments ayant franchi la date limite de consommation ? La question peut surprendre le citoyen soucieux de santé publique. Les journaux la posent cependant à un panel de consommateurs. À l’approche de son repas fait de saumon frais et d’ortolan farci sous la cendre, le consommateur semble favorable.

- Mais oui, mais oui, on peut consommer sans danger des aliments périmés. La preuve ?
- Ça se pratique tous les jours ! Les fruits tachés, un peu blets, les salades défraîchies, le pain rassis, sont toujours bons, mais attention, pas pour tout le monde. Seuls les pauvres peuvent les consommer. Non parce qu’ils sont moins chers (ici nous ne faisons pas de misérabilisme à quatre sous !) mais parce qu’ils sont recherchés par des gens qui ont un véritable culte pour le rance et le gâté. Les pauvres avalent tout sans la moindre difficulté, sans ressentir aucun trouble. Mieux, ils y prennent du plaisir. Or, chacun me le concédera, manger dans la joie permet une meilleure assimilation des aliments. Tous les docteurs vous le diront. Cette révélation ne devrait pas être une divine surprise. Au Moyen-âge, au XIXe siècle, le miséreux bouffait de la viande avariée, veaux crevés, moutons et vaches malades que l’équarisseur vendait au boucher. Aujourd’hui vous verrez des gens fouiller les poubelles, fouiner au cul des grandes surfaces, ramasser les débris des restaurants. Les pauvres ont une véritable frénésie à consommer ce genre de relief succulent que les riches boudent par charité, pour les laisser aux pauvres. Et par méconnaissance. Pensez aux viandes faisandées de nos anciens.

Il faut également se rendre compte de l’intérêt d’une telle consommation des excédents. Dans la crise de surproduction que nous traversons, détruire les restes est devenu un problème de société. La nature possède le bousier, coléoptère sympathique qui détruit les excréments. Une armée de pauvres capable de faire disparaître les excédents dont les riches ne veulent plus est une opportunité qu’aucun état ne peut négliger. C’est une question de santé publique. Une nation sans pauvres est une nation qui s’asphyxierait.

Malicette

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