Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

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Humeurs...

vendredi 24 octobre 2008 (Date de rédaction antérieure : 30 septembre 2020).

- BIODIVERSEMENT

Qu’est-ce que la biodiversité ? On ne parle que de ça ces temps-ci. On découvre la chose, son immensité, sa complexité, son dynamisme, son efficacité séculaire…et … sa fragilité.

Jusqu’ici la biodiversité était un gros animal qui donnait du lait, de la chaleur, des côtelettes, de l’essence, de l’aspirine et qui faisait son boudin lui-même. De plus la nature nous fournissait en bonnes idées, l’oiseau donna l’avion à Léonard et la bardane, le velcro.Des insectes apportèrent le filet à brouillard, le vol stationnaire ou la marche à six pattes sur terrain difficile. La biodiversité pollinisait sans fin nos fruitiers, purifiait notre eau sans l’aide de la Lyonnaise, régénérait notre air, nos sols, nettoyait, assainissait, épurait, sans parler des merveilleux couchers de soleil, et des matins féeriques, des vols de nuages à la Hermann Hesse. Et tout ça gratuit. Selon quelques économistes pas économes de leurs efforts, ces services gracieux de la nature reviendraient à 33 000 milliards de dollars par an si la nature ouvrait un fonds de commerce.

Et la nature est bonne fille. Elle se dépense sans compter depuis des lustres, comme le soleil. Le monde des affaires qui tire sur la corde, le monde du plaisir et du farniente qui saute à la corde, tous ces gens-là croient que ça va durer. Ce que tu te goures fillette, fillette, ce que tu te goures. Les espèces et les variétés disparaissent. Buffon le premier a fait disparaître le mammouth en 1778. Non, pas lui, mais sa clairvoyance. Puis il a supprimé avec sa logique les plus grosses espèces, le dinosaure d’abord (saurien horrible) et ça n’est pas plus mal. Vous vous voyez élever des dinosaures ? Puis le dodo, un drôle d’oiseau, le moropus, sorte de vieille haridelle etc. Maintenant c’est nous, oui nous, qui exterminons à vitesse grand V, les oiseaux, les papillons, les baleines, les tortues, et sans doute aussi des petits animaux et même des minuscules, bien utiles et pleins d’innocence. Et puis d’autres vers sont dans le fruit. Ils s’appellent phosphate, nitrate, et cent mille molécules minuscules micropolluantes et toxiques que même les grands microscopes n’avaient pas vues.

On n’est pas sortis de l’auberge. On tire des pieds de nez au futur et bien, le futur nous tirera les oreilles, sauvageons de la biodiversité que nous sommes. Ça sera bien fait pour nous. (à suivre)

MALICETTE

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