« Cette Fête de l’Humanité autrement, c’est un acte de résistance. » Ernest Pignon-Ernest

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Humeurs

jeudi 25 septembre 2008 (Date de rédaction antérieure : 22 septembre 2020).

- .. APICULTURE MENACÉE

Tout le monde le sait, la ruche est malade et la pollinisation de nos fruitiers bat de l’aile, je veux dire du pétale. L’abeille est attaquée de partout. Le varroa la mange. Le gaucho la démange. Le varroa est une petite bête bien identifiable, quoique au tempérament d’araignée et de scorpion. Ca fait froid dans le dos. La science en viendra sûrement à bout avec l’aide de tous, car il n’y a pas de bonne science sans conscience collective. Mais le gaucho est plus pernicieux car c’est un produit miraculeux comme savent le fabriquer les grands industriels et " sauveurs de l’humanité ". D’abord, le gaucho contient de l’imidaclopride, et l’on ne saurait suspecter un si joli nom d’être dangereux d’autant plus qu’il est destiné à tuer les prédateurs du blé, du maïs et du tournesol. C’est un insecticide systémique, fait pour le bonheur des cultivateurs. " Depuis que j’utilise l’imidaclopride, je suis un homme heu-reux ", nous a confié l’un d’eux en pleine jubilation.

Hélas, si le gaucho de la pampa est sympa, le gaucho des céréales est abominable. Il tue nos abeilles, en douce. Car le pollen dont nos amies sont si friandes est imprégné du produit miracle et comme l’inventeur n’a pas encore compris que l’abeille, le bourdon, la mégachile machin ou le xylocope chose sont tous de la famille des insectes (et l’homme sans doute aussi) toutes ces petites bêtes sont également menacées par le grand chimiothérapeuthe M…(1), l’inventeur merveilleux du grain aseptisé et de la farine plus blanche que blanche. Tuez les toutes, la bête à bon Dieu reconnaîtra les siens, il dit. Mais si l’abeille meurt, il n’y a plus de miel. Il n’y a plus de fruits non plus puisque, sans l’abeille, l’arbre ne fructifie plus. (Lire Ecoutez-voir.)

Ces inventeurs, sortes de savants fous, se font également un fric fou. Et pendant que ces chimistes-là font leur miel, les apiculteurs ne le font plus.

Jean Lefèvre

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