Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

Accueil > Archives > Nos peines

Nos peines

vendredi 15 août 2008 (Date de rédaction antérieure : 25 septembre 2020).

-  Notre camarade Firmin Pesce est décédé

Notre camarade Firmin Pesce est décédé, il y a quelques semaines nous laissant quelque peu orphelin.

On ne le répètera jamais assez, les vivants ont le devoir d’aller interroger les survivants de toutes les guerres, et autres batailles fussent-elles ouvrières…Le mot n’a plus la cote. Il n’y a plus d’ouvriers, que des salariés ou des chômeurs. Exemple : les jardins ouvriers ont été baptisés jardins familiaux depuis 1972, etc. Et pour revenir à Firmin nous aurions dû entre deux cerclages de tonneau et un coup d’accordéon lui tirer les souvenirs de son enfance, de sa vie de tonnelier et de sa vie militante. Il est né en 1925 de parents issus de Ligurie qui arrivent en France chassés par le fascisme italien de Mussolini. Avant de devenir tonneliers, les frères Pesce (Mario et Firmin) vont à la pêche au boulot (Pesce veut dire poisson !). Ils deviennent scieurs de long dans la forêt d’Othe. Travail difficile dans lequel le chevrier, en haut, pèse sur le rondin et le renardier, en bas, tire la scie et reçoit toute la sciure dans les yeux.

Les immigrés italiens de cette époque sont, bien entendu antifascistes. On retrouvera les frères Pesce communistes et libres-penseurs. Ils vont dans tous les meetings ouvriers et distribuent les tracts appelant…à la révolution.

Les Italiens apportent toujours avec eux un accordéon. On le sait, les meilleurs accordéonistes français sont italiens ! Firmin dont le père a chanté à la Scala de Milan enseigne à ses fils le solfège. Mario jouera de la mandoline et de la clarinette, Firmin de l’accordéon. De quoi faire un orchestre musette. Au début du siècle, on sait que les Italiens " chassèrent " les Auvergnats de Paris qui animaient alors les bals " à la musette " c’est-à-dire la cabrette, sorte de cornemuse. Avec l’accordéon, le mot change de sexe. On dira désormais LE musette. Mais la vraie passion de Firmin fut le bois dont il connaissait toutes les essences et leur utilisation dans la tonnellerie. Le tonnelier Firmin était connu au-delà de l’Aube. Il n’y avait de tonneaux pour le cidre que ceux de Firmin. Sa réputation était grande. Il fabriquait aussi des bacs à fleurs en bois réputés imputrescibles.

Notre ami Firmin nous a quittés. Nous présentons nos condoléances émues à son épouse et ses enfants, seuls témoins de ces époques créatives et militantes.

Jean Lefèvre.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|