Depuis des années, on nous enlève la production et les équipements pour les amener en Hongrie et en Pologne » David, salarié de Bridgeston Bethune

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HUMEURS

jeudi 19 juillet 2007 (Date de rédaction antérieure : 1er octobre 2020).

- ....ITE MISSA EST ?

La grande presse n’a retenu que le retour de la messe en latin. S’il ne s’agissait que de cela, ce serait une affaire interne à l’Église, et de peu d’intérêt. On pourrait se contenter de fredonner avec Brassens : "sans le latin, la messe nous emmerde". Mais les enjeux sont au-delà de cette apparence.

Le motu proprio de Benoît XVI vient de donner un coup de canif de plus à Vatican II. Au XVIe siècle, le concile de Trente était en phase avec son époque. Qu’il serve aujourd’hui de référence en dit long sur la modernité du Vatican. Deux rites vont coexister : celui issu de Vatican II, en français, le prêtre face aux fidèles, et proche d’eux ; celui selon saint Pie V, en latin, le prêtre tournant le dos aux fidèles. Dieu s’est fait homme pour vivre et souffrir parmi les hommes… Cherchez l’erreur ! S’agit-il de partager une foi ou d’être subjugué par un spectacle mystérieux ?

Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, a expliqué la pensée du pape : "si nous ne faisons pas maintenant un geste, la division avec les traditionalistes deviendra un schisme irrémédiable". Dans sa lettre d’accompagnement, d’une tonalité très défensive, Benoît XVI fait d’ailleurs explicitement référence à "l’Archevêque Mgr Lefebvre ". Un schisme peut aussi en cacher un autre puisque le décret papal met à mal l’autorité des évêques et encourage à la création de "paroisses personnelles" dans les diocèses, où seul le rite tridentin sera alors célébré. Les traditionalistes se réjouissent sans retenue de ces signes, qui préparent, selon eux, l’annulation des excommunications de 1988. Et c’est finalement de l’ouverture de l’Église au monde qu’il est question. Pendant ce temps, Monseigneur Gaillot reste évêque de Partenia, un diocèse des hauts plateaux d’Algérie qui n’existe plus depuis le Ve siècle… Jean-Paul II l’y a exilé en 1995.

Monseigneur Dagens, évêque d’Angoulême, dans un langage feutré, parle de "prétexte d’exalter l’unité de l’Église", dénonce l’instrumentalisation de l’eucharistie, et évoque des rapports de forces d’ordre politique .( [1]) Ainsi, la fissure s’élargit entre le Vatican et les chrétiens progressistes. Dans une époque où la société marche à l’envers, en décuplant les privilèges des privilégiés et en accentuant les difficultés du plus grand nombre, je partage la tristesse de mes amis catholiques : une fois de plus l’Eglise encourage le conservatisme. L’Humanité annonçait le motu proprio en titrant "une peur face à l’ouverture au monde".

Participer ou être spectateur, c’est bien l’enjeu de toute la société.

Guy Cure

Notes

[1Voir le texte complet sur le site de la revue GOLIAS

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