“Gardez à l’esprit que, tôt ou tard, les grandes avenues s’ouvriront à nouveau pour laisser passer les hommes libres pour construire une société meilleure.”  Salvador Allende

Accueil > Archives > Europe > Le PS et les Verts se rallient à l’Europe de Sarkozy

Le PS et les Verts se rallient à l’Europe de Sarkozy

mercredi 31 octobre 2007 , 2685 : visites

Le week-en dernier le PS tenait un Conseil national à la Mutualité. Une fois n’est pas coutume, l’esprit de combativité n’habitait guère cette vénérable salle.

Ce haut lieu des meetings de la gauche a connu dans le passé d’autres accents que celui du mol renoncement mis en scène par la direction nationale du PS.

Sarkozy refuse que le peuple soit consulté sur le projet du futur traité européen, censé remplacer la constitution rejetée par référendum le 29 mai 2005. Le peuple - souverain, selon les termes de la Constitution de la République - se verrait privé de son droit de modifier ou non ce qu’il a lui-même décidé. Quoi que chacun puisse penser d’un texte qui - la précision est d’importance - n’a pas été rendu public, et quelles qu’aient été les positions prises par les uns et les autres lors de la campagne référendaire, on aurait pu s’attendre à ce que toute la gauche se dressât vent debout contre ce que Laurent Fabius a justement qualifié de "déni de démocratie", le premier secrétaire du PS a prévenu : il ne demandera pas la tenue d’un référendum.

Les divergences qui s’étaient fait jour au sein du PS sur le projet préparé par la convention présidée alors par Giscard d’Estaing s’étaient traduites par des prises de position opposées entre différents dirigeants socialistes. Si le oui l’avait emporté lors de la consultation interne, force fut de constater que l’électorat de gauche, et plus précisément les sympathisants socialistes, a rejeté dans les urnes un traité qu’il jugeait trop fortement marqué du fer ultralibéral. Pareille distance, pareille incompréhension, pour ne pas parler de désaveu, auraient dû conduire les responsables du PS à mener une réflexion sur le divorce qu’il y a entre les attentes du peuple de gauche d’une Europe sociale, d’une Europe des droits, d’une Europe qui lutte contre les discriminations et la sombre réalité d’une politique qui parvient aux peuples européens sous la forme de directives prônant les libéralisations et la mise en concurrence des services publics.

Étonnante manière de botter en touche !

Non seulement la réflexion n’a pas été menée, la leçon n’a pas été tirée, mais les dirigeants socialistes renient aujourd’hui leurs propres engagements de revenir devant le peuple en cas d’adoption d’un nouveau traité. La convocation d’un référendum relève de la responsabilité du chef de l’État qui avait annoncé pendant la campagne son intention de faire ratifier un mini-traité par voie parlementaire, se défendent les responsables socialistes. Étonnante manière de botter en touche ! On serait tenté de leur rétorquer que Sarkozy met en œuvre la politique néoconservatrice et ultralibérale qu’il a annoncée dans sa campagne. Faudrait-il renoncer à la bataille au motif que le candidat de l’UMP a été élu pour la mettre en œuvre ? À quoi servirait donc l’opposition ? Dans l’affaire du référendum sur le traité simplifié, Sarkozy vient de marquer un point en recevant un quasi-soutien de la part de la direction du PS. Peillon va jusqu’à soutenir le projet dont le président de la République est si fier. Lang votera oui "avec plaisir".

Les Verts, jusque-là aux abonnés absents sur le nouveau traité, ont annoncé leur ralliement par la voix de Mamère. En attendant qu’ils aient l’intention de voter oui ou de voter non, plus de 60% des français exigent d’être consulté sur le traité "simplifié"

P.-S.

(notre photo)

Ce week-end, l’opposition de gauche ne se trouvait donc pas à la Mutualité, mais entre la place de la République et la station de métro Jaurès. En manifestant par milliers dans les rues de Paris, en organisant une marche pour l’emploi, les communistes ont voulu affirmer que la riposte ne doit pas attendre des jours meilleurs, des lendemains qui chantent. Au contraire, quand les coups pleuvent sur le monde du travail, quand les députés de droite votent un impôt sur la maladie, la gauche à mieux à faire que de s’incliner devant un déni de démocratie. Une quarantaine de militants communistes aubois avaient fait le déplacement afin de se joindre à la manifestation.

La Dépêche de l’Aube N945

6 Messages

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|