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Covid-19

LA BATAILLE POUR ÉVITER LE PIRE DANS LES EHPAD

vendredi 24 avril 2020 , 200 : visites , par LDA

Les médecins et les soignants des EHPAD se sont organisés pour pallier les retards de l’exécutif et parvenir à endiguer une épidémie qui va encore faire des victimes dans les rangs des résidents.

Depuis quelques temps, la communication gouvernementale se concentre sur le désengorgement des hôpitaux, éludant le nombre de morts quotidiens y compris dans les Ehpad. Ces établissements sont le théâtre d’une flambée de l’épidémie. Même si les situations diffèrent d’une région à l’autre, on constate en moyenne 30 % de décès chez les résidents et 50 % du personnel atteint par la maladie dans la moitié des établissements de l’Hexagone touchés par le virus. Pascal Champvert, le président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées refuse d’être alarmiste, mais il nie pas l’importance du nombre de victimes. Sans parler des personnes âgées mortes à domicile. Pour le docteur Gaël Durel, président de l’Association nationale des médecins coordonnateurs du secteur médico-social, les décès sont largement sous-estimés, « Il faut au moins multiplier par 1,3 puisque nous ne sommes autorisés à déclarer que les résidents testés positifs  ». Nathalie Maubourguet, présidente de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad, peste contre la plateforme censée recenser les décès. «  Elle fonctionne un jour sur deux ».

Des situations catastrophiques dans tout l’Hexagone

Apparemment, protéger les résidents en Ehpad et les soignants qui s’occupent d’eux ne semblait pas une priorité. Alors même que les hôpitaux étaient saturés dans le Grand-Est, les établissements de la région ont vécu des situations catastrophiques. « Des personnes âgées sont mortes dans des conditions effroyables, faute de médicaments et de matériel », déplore Nathalie Mauboutguet. Ce sont les soignants du Grand-Est qui ont alerté leurs confrères des régions moins impactées. Les agences régionales de santé ont mis, elles, beaucoup plus de temps à réagir. « Nous, les médecins, avons été les premiers à lancer l’alerte avant le confinement, certains confrères ont mis en jeu leur démission si les directeurs, qui attendaient les consignes des ARS, continuaient à ouvrir les salles de restaurant aux résidents  », regrette Gaël Durel. Même constat sur les masques : «  En récupérer a été notre premier combat, se souvient Nathalie Maubourguet. Au départ, seuls les soignants des hôpitaux étaient prioritaires  ». L’entraide et la débrouille ont été à l’oeuvre à peu près partout. Certaines équipes ont même décidé dès le début de l’épidémie de rester confinées avec leurs résidents pour les préserver. D’autres ne comptent plus leurs heures. « Nos taux d’encadrement ne nous permettent pas de travailler correctement en temps normal, alors imaginez en temps de crise, résume Gaël Durel. Depuis 30 ans, notre politique de santé oublie les Ehpad, on le paye cruellement aujourd’hui ».

Il faudra tirer des leçons de cette épidémie

Pour pallier le désarroi des résidents enfermés et des familles qui ne peuvent assister aux derniers moments de leurs parents à cause des procédures sanitaires très strictes, Pascal Champvert préconise «  l’embauche massive de psychologues, pour maintenant et pour après  » De l’avis de tous, après la crise, il faudra tirer des leçons de cette épidémie. Le fait que les soignants se soient vus reconnus leur a fait prendre conscience de l’utilité sociale de leur métier. Nathalie Maubourguet, ne peut imaginer que rien ne change. « Nous avons démontré que ce sont les gens de terrain qui ont réussi à endiguer l’hémorragie dans les Ehpad. Il va falloir enfin nous faire confiance. Et arrêter de soumettre nos budgets à des contraintes bureaucratiques qui amputent le temps précieux que nous devrions consacrer à nos résidents ».

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