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Covid-19

LE VIRUS RONGE AUSSI LES DOGMES CAPITALISTES

vendredi 3 avril 2020 , 182 : visites , par LDA

« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés  ». La parabole de La Fontaine dans sa fable Les animaux malade de la peste traverse les siècles avec le même à-propos.

Le virus est un grand niveleur de conditions. Il ne choisit ni le rang social, ni les origines de ses victimes. Dans sa cruauté il trace un trait d’égalité funeste entre les êtres humains et fait craquer l’épais verni d’illusions qui recouvre nos sociétés. Débarrassées de leur chaire grasse, leur squelette n’est pas beau à voir. Car comme le conclut La Fontaine, seul importe au bout du compte de savoir si « vous serez puissant ou misérable ». Les travailleurs seront-ils à nouveau, les victimes expiatoires de la crise actuelle et future ?

C’est toute la construction de la société en classes sociales antagonistes, l’organisation de la production, la condition des travailleurs, la casse des solidarités publiques, les dogmes libéraux, la construction maastrichtienne de l’Europe, le désastre écologique, qui s’exhibent crument sous nos yeux ébahis. Le virus est devenu le grand révélateur du système d’inégalité et de prédation qui structure nos existences sous domination du capital.

Prise de conscience

Le moment historique que nous vivons est celui d’un vaste aggiornamento de la vie collective, d’une prise de conscience générale des inégalités. Nous comprenons ainsi aisément que les mesures de confinement, bien qu’indispensables, ne peuvent être vécues de la même manière selon la condition sociale des individus. Confinement de 1ere classe en résidence secondaire pour certains, quand d’autres sont dans un surpeuplement locatif éprouvant. Il en va tout autant du télétravail, vanté par le gouvernement comme remède miracle. S’il est aisé pour les cadres, il s’avère impossible pour de nombreux ouvriers. Il aura fallu plus de 2 semaines pour que le gouvernement daigne prendre les décisions pour garantir leur absolue sécurité sanitaire, et plus encore pour commander les fameux masques de protection qui avaient disparu des réserves stratégiques de l’Etat Mais «  en même temps  », la ministre du travail s’est empressée de commander aux entreprises du BTP de continuer leur activité. Le travail est ainsi montré dans sa vérité, sans les illusions dont l’enrobent les libéraux indifférents à l’utilité sociale des métiers et qui, à chaque contre-réforme, cherchent à dissimuler les injustices criantes en rémunération ou pénibilité.

Le virus dévoile le scandale quotidien du mensonge

Chacun s’aperçoit désormais que les métiers les plus essentiels à la vie collective et parmi les plus durs, les travailleuses et travailleurs qui répondent si vaillamment présents, dans les transports, la santé, l’énergie, l’agriculture, la distribution, le ramassage des ordures, les services, la fonction publique, les chaines de production essentielles, sont en « temps normal  » les moins considérés et rémunérés. Les travailleurs qui bénéficient d’un régime de retraite dit «  spécial », brutalement dénigrés lors des débats sur la contre-réforme gouvernementale, le justifient pleinement en montrant non seulement leur utilité, la dureté de la tâche, mais aussi leur engagement indéfectible au service de l’intérêt général. Que le «  temps normal  » apparait aujourd’hui anormal ! Cette absurde inversion instituée par le capitalisme ne peut plus durer. Le virus dévoile le scandale quotidien du mensonge et du grand renversement des valeurs. Il appelle à remettre le monde sur ses pieds. Les salaires mirobolants de certaines sphères à l’utilité sociale relative, ne peuvent plus être tolérés. Les travailleurs, ouvriers et employés, doivent pouvoir bénéficier de conditions de travail et d’une retraite digne de leur engagement et de leur rôle social. Cette responsabilité appartient désormais aux gouvernements actuels et futurs, surtout à l’heure où les retraites par capitalisation s’effondrent avec les marchés financiers, comme au Pays-Bas où le principal fond de pension, ABP, a annoncé une baisse des pensions pour combler ses pertes.

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