“Si vous n’êtes pas vigilants, les journaux arriveront à vous faire détester les opprimés et aimer ceux qui les oppriment. ”     Malcolm X

L'Humeur
  • VIVE NOTRE CENTENAIRE !
  • 24 janvier 2020
  • La Dépêche aura cent ans le 7 décembre prochain. Si elle a toujours bon pied, bon oeil, toujours vivante et pétillante, c’est beaucoup grâce à ses lecteurs et à la fidélité des militants communistes qui l’ont tenue souvent à bout de bras. Pensez à la (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATTOUILLE
  • 24 janvier 2020
  • Et un... Et deux... L’homme et la femme les plus riches du monde sont français. Cocorico ! Et merci Macron. Bernard Arnault (LVMH) et Françoise (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2020 > Janvier 2020 > N°1583 > Versailles - Davos

Versailles - Davos

Face aux peuples, les riches à huis clos

vendredi 24 janvier 2020 , 154 : visites , par LDA

Selon la banque américaine JPMorgan qui s’installe à Paris : “C’est le moment idéal pour investir.” À Versailles, Macron était convoqué par ses puissants commanditaires à un examen “partiel” pour louanger son zèle à défendre leurs intérêts.

Versailles peut faire illusion. Mais sous les ors et dans les reflets flatteurs des miroirs, ce n’est pas Emmanuel Macron qui mène la danse des puissants avec les 200 représentants des groupes mondiaux qui y étaient présents en début de semaine. Toutes les « réformes », c’est-à-dire les régressions sociales amplifiées depuis qu’il est au pouvoir, n’ont qu’un but : vendre la France en l’adaptant aux attentes du marché mondial et des grands groupes. Quels que soient les accents de ses propos, il était en examen. Ai-je bien travaillé ? C’est cela le sens profond des propos d’Emmanuel Macron. On entend dire que, malgré les gilets jaunes et les grèves, l’attractivité de la France ne serait pas atteinte et aurait même progressé. Mais la vérité, c’est que les gilets jaunes, les grèves de l’an passé et celles d’aujourd’hui, sont les corollaires de ce qu’il appelle l’attractivité de la France.

Un pays “bankable”

C’est au prix de la destruction du modèle social qui est le nôtre, d’une pression permanente sur les salaires et la productivité avec la complicité du Medef, de la mise en cause des services publics, que la France est “bankable” aux yeux de la finance mondiale. Alors, bien sûr, on y a parlé d’emplois créés, de soucis sociaux et environnementaux. Mais que dit-on à la direction de la grande banque américaine JPMorgan qui s’installe à Paris : « C’est le moment idéal pour investir. » Oui, la France est une des places mondiales où l’on peut faire du profit. Les faramineux dividendes versés aux actionnaires du CAC 40 sont là pour en attester.

En quoi les Français en vivent-ils mieux ? En rien, au contraire. Les annonces du président de la République, dans son rôle de fondé de pouvoir du capital, ont encore ouvert les portes avec toujours plus de gâteries pour les entrants. Le buffet est ouvert, bon appétit messieurs ! Ce n’est pas une autre question : la lutte pour le retrait de la réforme des retraites et contre la perspective de la capitalisation est aussi une réponse de fond à la logique de Versailles. Dans la station suisse de Davos, le Forum économique mondial (FEM) s’est, lui, ouvert dans la foulée avec un programme aux accents “plus écolo, tu meurs”. En réalité, comme l’a brocardé l’essayiste américain Lewis Lapham, c’est une « montagne de vanités  » où « se concentrent 70% de la production mondiale d’autosatisfaction  ».

Tout pour “l’attractivité”

Face à l’internationalisation des activités des groupes, Emmanuel Macron fait partie des dirigeants les plus en pointe dans cette course à l’attractivité. Faisant tout pour attirer les capitaux, avec pour seule boussole les investissements directs étrangers. Une politique cousue main qui, depuis le début de son mandat, a poursuivi la baisse du « coût du travail  », avec des allégements conséquents de cotisations sociales, et réduit la fiscalité du capital (suppression de l’ISF, Flat tax...). Autre exemple : le crédit d’impôt recherche (CIR) qui culmine autour des 7 milliards d’euros, « un des dispositifs les plus favorables au monde sans réel contrôle ». Des mesures financées à coups de restrictions budgétaires dans les dépenses publiques. Sur la transition écologique, les investissements publics sont dérisoires, alors qu’il faudrait investir au minimum 50 milliards par an. « On dit que l’État n’a pas d’argent quand il s’agit d’investir ou de dépenses sociales. Quand il s’agit de transfert aux entreprises, on a tout l’argent que l’on veut  », fustige l’économiste Benjamin Coriat. À Davos, on a jargonné sur un « capitalisme des parties prenantes  » (“stakeholder capitalism”) venant en contrepoint d’un « capitalisme des actionnaires  » (“shareholder capitalism”). Comprenez : plus de profits.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|