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L'Humeur
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Retraites

âge pivot, âge pipeau

vendredi 17 janvier 2020 , 171 : visites , par LDA

Le premier ministre a consenti à retirer “provisoirement” l’âge pivot. Une combine plus qu’une concession face à la pression du mouvement social, qui a redoublé la détermination des opposants à la réforme, avec de nouvelles journées d’actions cette semaine.

Sans surprise, Édouard Philippe aurait donc consenti à un «  compromis » sur l’âge pivot, comme signe de bonne volonté à l’égard des syndicats. Non seulement c’est faux, mais la manipulation est bien plus grave encore. D’abord, le premier ministre n’a rien lâché du tout puisque l’«  âge d’équilibre  » sera bel et bien inscrit dans le futur régime universel, comme l’écrit noir sur blanc Édouard Philippe dans son courrier aux syndicats. Au « mieux » épargnera-t-il les départs à la retraite avant 2027 ! Pire, ce microscopique changement «  provisoire » est conditionné à un accord entre les partenaires sociaux sur le financement des retraites. À moins de considérer que le Medef et la CGT puissent se mettre d’accord sur une hausse des salaires ou des cotisations sociales, l’affaire est donc pliée, confirmant ainsi une tentative de passage en force d’une rare violence.

Réintroduire l’âge pivot par la fenêtre

Si le pouvoir macroniste prend les grévistes pour des demeurés, il s’avère tout aussi méprisant avec la représentation nationale, assumant le recours aux ordonnances pour s’éviter un débat parlementaire digne de ce nom. Mais les Français ne sont pas dupes de la manoeuvre. Le soutien au mouvement social a même gagné cinq points en une semaine ! C’est dire si ce n’est pas le moment de baisser les bras. Le couple exécutif s’est astreint à ruser, car il sent que le fond de l’air est rouge de colères trop longtemps étouffées. Mieux encore, une majorité est désormais convaincue qu’une autre réforme est possible, à condition d’activer les bons leviers et d’abandonner ce projet. En réalité, la concession du pouvoir n’en est pas vraiment une. Pour rappel, l’âge pivot entérinerait de fait un allongement de la durée de cotisation, puisqu’un salarié pourrait toujours partir à la retraite à 62 ans - actuel âge légal -, mais verrait sa pension amputée d’une décote. Et le premier ministre renvoie la balle aux « partenaires » sociaux. À charge donc, pour le patronat et les organisations syndicales, de trouver des mesures de financement alternatives, mais dans un cadre verrouillé à double tour : pas question d’augmenter le « coût du travail  », ce qui ferme la porte à une hausse du taux de cotisation (ou des salaires), sauf à imaginer de nouvelles baisses d’impôts pour les entreprises. Le premier ministre a précisé de plus, qu’en cas d’échec des négociations, il se réservait le droit de « prendre ses responsabilités  »… En l’occurrence de réintroduire l’âge pivot par la fenêtre !

L’exigence du retrait n’est pas “provisoire”

Pour l’intersyndicale, engagée dans le mouvement social depuis début décembre, c’est l’unanimité. «  L’âge pivot n’est que de l’enfumage dans le but d’obtenir l’adhésion de certains syndicats  », juge la CGT. Même fermeté de la part de la CFE-CGC et FO. Yves Veyrier, secrétaire général de FO, a fustigé une «  erreur historique  » du gouvernement : «  Nous allons maintenir la mobilisation […], je ne vais pas porter au nom de la confédération FO la responsabilité de baisser les bras. » Pour le Parti communiste, qui voit «  un premier recul [d’un] gouvernement [...] en difficulté face à un mouvement social toujours majoritaire dans le pays  », l’exigence du retrait de la réforme n’est pas «  provisoire » et « de vraies négociations doivent s’ouvrir sans préalable  ». L’opinion publique continue en tout cas à soutenir le mouvement. Selon un sondage de l’Ifop pour le JDD, 49% des sondés apportent leur soutien aux grévistes (+ 5 points). En résumé, les annonces du premier ministre sont une nouvelle “combine” pour masquer la volonté de Macron : réduire la part des retraites dans le PIB, par une baisse de 20% de leur niveau, puisque le nombre de retraités

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