Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

L'Humeur
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATTOUILLE
  • 1er novembre 2019
  • Alain Finkielkraut vit dans un pays onirique, tout droit sorti d’un rêve, le sien. Tous les êtres qui y vivent se ressemblent plus ou moins. Aucun - aucune surtout - ne porte de foulard qui « entoure toute la tête ». C’est une preuve incontestable de (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATTOUILLE
  • 1er novembre 2019
  • Alain Finkielkraut vit dans un pays onirique, tout droit sorti d’un rêve, le sien. Tous les êtres qui y vivent se ressemblent plus ou moins. Aucun - (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2019 > NOVEMBRE 2019 > N°1571 > Transport ferroviaire

Transport ferroviaire

SNCF : la rentabilité au détriment de la sécurité

vendredi 1er novembre 2019 , 135 : visites , par LDA

La direction de la SNCF a balayé d’un revers de main l’option d’un retour des contrôleurs à bord de tous les trains et confirme la disparition des agents d’escale, décisifs pour la sécurité des usagers. Un récent sondage indique que plus des trois-quarts des Français sont contre la suppression des contrôleurs.

Fermez le ban ! « Il n’y a tout simplement pas de différence de niveau de sécurité, que ce soit pour les clients ou pour les agents, entre configuration sans contrôleur et configuration avec contrôleur », a déclaré Guillaume Pepy, le président de l’entreprise publique qui quitte ses fonctions le 1er novembre. Après la collision, le 16 octobre dernier, entre un TER et un convoi routier sur un passage à niveau dans les Ardennes, le droit de retrait, massivement utilisé par 17 000 cheminots, conducteurs et contrôleurs, a confirmé non seulement le malaise profond de toute une profession, mais fait émerger avec force dans le débat public la question de la sécurité ferroviaire. Un sondage, publié récemment, révélait d’ailleurs que plus des trois quarts des Français revendiquent la présence de contrôleurs dans tous les TER. Qu’importe, pour la direction de la SNCF, relayée à longueur d’ondes par le gouvernement, l’optimisation de la sécurité se résumerait donc à la mise en place d’outils de communication radio plus performants dans les cabines de conduite.

La sécurité au second plan

Ainsi, le rapport interne, réalisé par la direction des audits de la SNCF, préconise-t-il tout juste l’installation d’une « protection supplémentaire des circuits électriques des fonctions de signal d’alerte des AGC (Autorail grande capacité : type de train impliqué dans la collision des Ardennes - ndlr) ». Le rapport liste aussi une série de «  premières actions » à mettre en oeuvre, parmi lesquelles l’édition d’une «  fiche réflexe » à destination des conducteurs. En somme, déplore la CGT cheminots, la direction de la SNCF n’entend que faire supporter « une charge supplémentaire aux conducteurs en ignorant les besoins exprimés par les usagers ». Le syndicat, dénonçant la course à la réduction d’effectifs, souligne également que pas un mot dans le rapport ne fait référence à la « prise en charge des voyageurs en cas d’accident ou d’incident ». Et il n’y a pas qu’en matière d’effectif cheminots dans les trains que la sécurité ferroviaire est mise au second plan. Sous couvert de la traduction dans la réglementation française d’une directive européenne, la SNCF s’apprête également à supprimer les agents d’escale.

Se mettre au - bas - niveau des opérateurs privés

Prévue initialement au 15 décembre, la disparition des agents d’escale s’étalera jusqu’en juin 2020. Le temps, dit la direction de la SNCF, de mettre en place la «  transition » et une « formation complémentaire  » des conducteurs qui devront donner eux-mêmes, à terme, le signal de départ de leur train. Une aberration avec une explication non dite : dans un contexte de libéralisation du marché, les opérateurs privés concurrents n’ont, ni les moyens, ni les personnels, qualifiés pour fournir des agents d’escale. Alors la SNCF baisse ses exigences de sécurité du service public pour les mettre au - bas - niveau desdits opérateurs privés. Suppressions de postes en cascade, réorganisations qui se succèdent, mal-être des salariés : le conflit survenu après l’accident de TER s’inscrit dans le contexte de fort malaise social qui est dénoncé depuis des mois par les syndicats. S’y greffent les incertitudes sur le secteur ferroviaire. À moins de quatre mois de l’entrée en vigueur de la réforme, le nouveau cadre social à la SNCF reste à l’état de projet. Idem pour la convention collective nationale de la branche ferroviaire. Les cheminots appellent d’ailleurs à une mobilisation le 5 décembre prochain : trois organisations syndicales (la CGT, l’Unsa et Sud) appellent à faire grève, notamment contre la réforme des retraites.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|