“Si l’argent, vient au monde avec une tache naturelle de sang sur la joue, le capital naît dégouttant de sang et de boue des pieds à la tête.” Karl MARX

L'Humeur
  • LA COURSE A L’OIGNON
  • 25 octobre 2019,
    par Malicette
  • Les gens du FN, maintenant RN (comme la route qu’il ne faut pas suivre), n’ont plus besoin de dire ce qu’ils pensent, le PR (Christian Jacob) ou J.-M. Blanquer (En Marche) l’expriment à leur place. Cette accompagnatrice musulmane porte un voile ? (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATTOUILLE
  • 25 octobre 2019
  • Brigitte Macron s’est dernièrement intronisée ministre supplétive de l’Éducation nationale. À l’école, a-t-elle dit, « on ne parle pas politique, on ne (...)

  • Lire la suite

Kurdes

notre devoir de solidarité

vendredi 25 octobre 2019 , 108 : visites , par LDA

La fédération de l’Aube du PCF appelle à répondre généreusement à “l’appel d’urgence” à la solidarité en faveur des kurdes, lancé par un cardiologue aubois, le Dr Koroglu, président de l’association humanitaire Roja Sor. Il répond à deux questions de La Dépêche.

Vous lancez un « appel d’urgence » à la solidarité avec les Kurdes, victimes d’une nouvelle et sanguinaire agression de la Turquie au Rojava, dans le nord de la Syrie. Quelle est, selon vos informations, la situation sur le terrain ?

Alexandre Koroglu : Les kurdes ont payé un très lourd tribut à la guerre contre l’état islamique : plus de 11 000 morts, 23 000 blessés graves et des milliers d’autres… Tout est à reconstruire, mais la région est sous embargo, ce qui complique les choses. Les structures médicales sont rudimentaires, avec des déficits criants en matériel et en personnel médical (chirurgiens, pédiatres et gynécologues notamment). La population, qui commençait à panser ses blessures, se retrouve à nouveau sous le feu des armes chimiques et des milices fanatiques à la solde de la Turquie. Les exactions ont recommencé et il suffit d’en prendre pour preuve les attaques sur les ambulances. On dénombre une centaine de victimes parmi les civils - bon nombre de corps n’ont pu être encore retirés des décombres -, ainsi qu’environ 250 blessés graves. Tout ceci représente des crimes de guerre et l’Occident reste sourd et muet.

Surtout, la fameuse bande des “30 kilomètres” convoitée comprend plusieurs des grandes villes du Rojava (Kobane, Serekaniye, Qamislo) et les attaques de la Turquie occasionnent une fuite des civils (plus de 300 000), vers des zones elles-mêmes en difficulté avec des capacités d’accueil largement dépassées. Le flot des réfugiés se dirige vers l’Irak voisin. L’accès aux besoins primaires est compliqué en raison d’infrastructures sommaires : eau potable, alimentation, couvertures (l’hiver approche). C’est un malheur absolu qui s’abat sur ce peuple après des années de guerre. Sauf surprise de dernière minute ou sursaut de l’Occident, on va droit à un massacre à grande échelle. Car aussi courageux que soient les combattants du Rojava, leur détermination et leurs kalachnikov ne peuvent pas faire barrage à l’aviation et aux tanks de la deuxième armée de l’Otan. Cette disproportion rappelle malheureusement le génocide des Arméniens en 1915.

Le coup de poignard aux Kurdes de Donald Trump, mais aussi la diplomatie « sur des oeufs » de l’UE et de la France en particulier, ne confortentils pas Erdogan qui se pose en « verrou » à toute perspective d’une paix durable dans la région  ?

A. K. : À la faveur de la guerre en Syrie, et sur les ruines de l’état islamique qu’ils ont combattu, les kurdes ont réussi à créer une administration autonome du Rojava : un modèle de réconciliation entre les peuples, d’égalité, de justice, d’écologie et de féminisme. Le Rojava est doublement intolérable pour la Turquie. D’une part, en raison de son projet démocratique. D’autre part, car une autonomie kurde aux portes de la Turquie est jugé par Ankara comme un risque d’émancipation de sa propre minorité kurde qui représente au bas mot vingt millions d’habitants. La question kurde a toujours été la “variable d’ajustement” de la politique intérieure turque. Le président turc Erdogan est visiblement en difficulté. Il avait annoncé de longue date sa volonté d’envahir le Rojava et a choisi le moment opportun : un président américain préoccupé par sa réélection, et une Europe cacophonique et engluée dans le Brexit. Tous les analystes s’accordent à dire que la Turquie n’est l’objet d’aucune opposition forte [contre cette agression - ndlr] et qu’il est peu probable qu’elle soit exclue de l’Otan, en raison, entre autre, de sa politique, clairement condamnable, vis-à-vis du peuple kurde.

Pourtant, cette guerre ne concerne pas seulement le peuple kurde. Elle concerne la démocratie, la modernité, le féminisme, l’écologie... bref, toutes les réponses aux maux de notre société. Résoudre la question kurde, c’est résoudre un cycle infernal de guerres depuis plus d’un siècle dans la région. C’est de cette solution démocratique que la Turquie ne veut pas ! Elle mène une lutte implacable contre les kurdes à l’extérieur (invasion du Rojava) et à l’intérieur, contre le parti pro-kurde HDP, par l’instrumentalisation et la criminalisation de tout caractère identitaire kurde. En 1915, 30 à 40% de la population de la Turquie était chrétienne ; ils ne sont plus qu’une poignée. Aujourd’hui, 20 à 25% de sa population est kurde. Combien seront-ils dans un siècle ? Cela dépend de l’Occident… et peut-être aussi de la mobilisation de nos concitoyens.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|