“Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit.” Napoléon Bonaparte

L'Humeur
  • SAVOIR DIRE NON
  • 2 octobre 2019
  • C’est triste, cette affaire du Médiator. Triste d’abord et surtout pour les victimes. Triste aussi pour ce qu’elle révèle du degré de résignation, d’obéissance et de veulerie qui gangrène la société. Douze responsables sont aujourd’hui sur le banc des (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATTOUILLE
  • 2 octobre 2019
  • Nos gouvernants sont des chics types. Quels efforts ne font-ils pas, en effet, pour nous rassurer ? Pollution au plomb après le feu de Notre-Dame (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2019 > OCTOBRE 2019 > N° 1567 > Lettre ouverte de Fabien Roussel à Emmanuel Macron

Lettre ouverte de Fabien Roussel à Emmanuel Macron

“vous voulez parler immigration ? eh bien, parlons-en !”

mercredi 2 octobre 2019 , 126 : visites , par LDA

Ce n’est pas son premier essai. En décembre 2018, sous la poussée des gilets jaunes, Macron avait tenté de faire de l’immigration un des gros chapitres de son grand débat. Fabien Roussel lui propose d’ouvrir “un débat sérieux”.

Monsieur le Président, vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons-en ! [...] Le sujet mérite mieux que d’être instrumentalisé pour diviser les citoyens, pour imposer votre duo avec l’extrême droite et au final pour flétrir notre République. Parlons de ces familles qui quittent des pays dont les richesses sont pillées, dont les États sont placés sous tutelle de banques internationales et de dictateurs corrompus, dont les infrastructures publiques ont été bradées à des multinationales ! Parlons des coopérations à développer, qui permettraient à chaque peuple de retrouver sa souveraineté sur ses ressources et son économie.

Parlons de la taxe sur les transactions financières que vous avez refusé d’élargir pour ne pas heurter le monde de la finance, nous privant de deux milliards d’euros destinés à ces pays. Parlons des 5 milliards d’euros que représente la contribution des migrants à la création de richesses dans notre pays, quand l’Aide médicale d’État, que vous voulez remettre en cause, ne coûte que 900 millions. Parlons de celles et ceux qui fuient tous ces conflits dans lesquels nous portons une part de responsabilité, dont l’OTAN a été l’acteur ces dernières années : l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yémen. Comment peut-on laisser mourir en Méditerranée des hommes, des femmes, des enfants qui fuient le chaos, les bombes, parfois nos bombes ? Parlons des migrations à venir que causeront le dérèglement climatique et son lot de catastrophes naturelles. [...] L’UE est parmi les trois principaux pollueurs de la planète, et nous devrions nous exonérer de toute responsabilité ? Parlons donc des moyens à développer en urgence pour que l’Europe tienne ses engagements en faveur du climat.

Parlons de ces travailleurs sans papiers que de très grandes entreprises exploitent sans vergogne en les contraignant à la clandestinité. Quand allez vous les régulariser ? Parlons des travailleurs que vous livrez à la concurrence avec vos traités européens, qui sont soumis au dumping social opposant les salarié.e.s de toute l’Union Européenne, dumping que votre directive “travailleurs détachés” n’a en rien remis en cause... Nous voulons les mêmes droits pour tous ! «  Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », affirme la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Alors, pourquoi aujourd’hui, dans un pays qui en a tous les moyens, ne pas reconnaître le droit de vote des étrangers résidant et payant leurs impôts en France ? Non, de tout cela vous ne voulez pas débattre car vous préférez que la nation s’écharpe sur l’Aide médicale d’État et sur les allocations sociales, ou qu’elle se préoccupe seulement de distinguer les migrants selon qu’ils fuient la guerre, une catastrophe naturelle ou la misère ?

Vous voulez que nous débattions pour savoir si 28 pays et 500 millions d’Européens sont en capacité d’accueillir quelques dizaines de milliers d’êtres humains, quelque 3% de migrants à travers le monde, risquant leur vie sur un bateau en Méditerranée ? Les pays du pourtour méditerranéen peuvent-il s’exempter du droit maritime et du droit international ?

Monsieur le Président, l’ennemi ne vient pas en bateau. Il vient en jet privé et il se moque des frontières. La pression n’est pas migratoire, elle vient de la finance. Si des entreprises délocalisent, ça n’a jamais été à cause d’un immigré. C’est à cause d’un capital avide de profits qui ronge comme un cancer notre économie, nos emplois, nos droits. Tous ces hommes et toutes ces femmes que vous stigmatisez sont nos frères et nos soeurs. Nous ne faisons pas de distinctions entre eux. Nous réclamons des droits pour tous, condition d’un accueil réussi. Le droit à la dignité humaine, dans un monde de justice et de paix, dans une France humaniste et universaliste.

Pour ouvrir vraiment un débat sérieux et porter des solutions de progrès, je vous adresse [...] le manifeste «  Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire » qu’a récemment rendu public le Parti communiste français.”

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|