Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

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Mémoire

Fusillés de Creney

jeudi 29 août 2019 , 304 : visites

“UN CRIME DE GUERRE QUI RESTERA à TOUT JAMAIS IMPUNI.”

Discours de Rolande Barthélemy (Présidente de l’ANACR de Romilly) prononcé le jeudi 22 août lors de la commémoration des quinze fusillés romillons à Creney.

“L’objectif de cette cérémonie annuelle est de rendre hommage aux 15 victimes des nazis fusillées au champ de tir de Creney le 22 août 1944. Victimes identifiées et honorées, dans toutes leurs diversités, d’âges, d’origines géographiques, professionnelles, idéologiques, d’engagements et d’actions dans la Résistance face à l’envahisseur et au gouvernement collaborationniste de Vichy. Oui, cela fait 75 ans aujourd’hui que ces jeunes Résistants Romillons furent massacrés par la bête immonde qu’est le fascisme et ses bras armés. Ce 22 août 1944, à l’heure où de nombreuses villes et villages de notre pays étaient libérés par les troupes alliées et les Résistants, 49 jeunes maquisards incarcérés à la prison Hennequin de Troyes, furent extraits de leurs geôles par une horde de SS avec la complicité de sept autonomistes bretons du Bezen Perrot et emmenés dans le village de Creney pour y être lâchement assassinés à la veille de la libération. Un crime de guerre qui restera à tout jamais impuni.

Depuis des décennies, année après année, des hommes et des femmes viennent rendre hommage aux fusillés et nous sommes fiers d’être de ceux-là. Cet hommage n’est pas seulement celui rendu à des morts même si c’est important. C’est un hommage à leur combat, à une idée du genre humain, à une certaine idée de la France. Nous n’avons de cesse de répéter, que c’est parce que ces hommes et ces femmes, dans toute leur diversité idéologique et sociale, ont su dire non à l’inacceptable, au péril de leur vie, que notre pays a pu se libérer et trouver le chemin de la reconstruction avec la mise en oeuvre du programme du CNR. Et la question aujourd’hui n’est pas de savoir ce que chacun d’entre nous aurait fait, cela nul ne le sait, mais de savoir à notre tour, s’il le faut, ne pas renoncer, et agir pour un monde meilleur. Mais, en ce jour particulier, nous nous inclinons devant nos martyrs massacrés à Creney, auxquels nous unissons nos fusillés à Montgueux en 1942 et 1944, tous ces noms gravés aux côtés de leurs frères eux aussi victimes de la barbarie nazie qui ont connu l’esclavage concentrationnaire et qui ne sont jamais revenu de cet enfer. Leur souvenir ne doit pas disparaître car ça serait occulter une page oh combien tragique de notre histoire et laisser la place aux idées révisionnistes et populistes.

Aujourd’hui, dans cette époque caractérisée par la montée des extrêmes droites en Europe, avec comme fonds de commerce le racisme et l’antisémitisme, cela nous conduit cette année à avoir un regard particulier sur ceux d’entre eux qui étaient d’origine étrangère, comme Louis Valli, André Ben-Amehd et Jean Alba, qui se sont engagés résolument dans le combat pour la liberté et libérer la France à l’image de Missak Manouchian et ses compagnons des FTP-MOI. Pour eux, la France n’était pas seulement un havre de paix mais une belle idée pour laquelle ils sont morts. Pour eux, la France était même un idéal, le pays des Lumières et de 1789, le pays qui a fait la guerre aux ennemis de la Liberté. Honneur à eux pour l’éternité car ils ont donné leur vie pour que nous puissions vivre libres et ils sont le visage de la France alors que d’autres se complaisaient dans une honteuse collaboration avec l’ennemi.

La France a été une terre d’asile pour des générations d’immigrés poussés par la misère, les guerres. Notre pays est riche des migrations successives qui ont fait notre peuple tel qu’il est aujourd’hui. Que ceux qui aujourd’hui font campagne contre l’accueil des réfugiés dans notre pays mesurent combien ils tournent le dos à notre Histoire et renient ce que nous sommes. En conclusion, en cette période où l’idéologie du rejet de l’autre et de ce qui est différent nourrit de sombres arrière-pensées et cache souvent un manque de volonté de s’attaquer aux vrais problèmes économiques et sociaux dans la construction « du vivre ensemble », sachez que nos associations, dans toute leurs diversités, convaincues que le travail de mémoire éclaire l’avenir, poursuivront inlassablement leurs actions pour ne pas connaître de nouveau l’horreur et les affres du fascisme !”

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

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