“Il faut rebâtir une société humaine où la compétition sera éliminée. Je n’ai pas à être plus fort que l’autre, je dois être plus fort que moi grâce à l’autre.” Albert Jacquard

L'Humeur
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Steve Maia Caniço, Zineb Redouane

l’absolution de Castaner aux violences d’état

jeudi 8 août 2019 , 213 : visites , par Rémi

Castaner, dédouanant la police après la mort de Steve, s’inscrit dans la ligne politique de Macron où l’autoritarisme et la répression brutale de toutes formes de contestations sont devenus les deux principaux instruments de contention face aux colères sociales et aux demandes citoyennes

L’intervention de Castaner, duplicata d’une version allégée de la charge sauvage du 21 juin à Nantes, qui a été fatale pour Steve Maia Caniço, servie par l’IGPN, selon qui aucun lien n’a pu être établi « entre l’intervention de la police et la disparition de Steve », est grotesque. Elle s’inscrit dans la lignée d’un même Castaner, ex-PS (tendance Jules Moch ?), décorant des flics casseurs de gueules en gilets jaunes, et dont certains affichent, sous des faux nez dans les réseaux sociaux, leurs affinités avec les plus puantes thèses de l’extrême droite. Si le rapport clownesque de la “police des polices” a déchaîné une kyrielle de réactions ironiques, ce tissu de mensonges par omission de témoignages, a ravivé la colère. Trop de paroles, trop d’images, à l’heure de la multiplication des sources directes d’informations et de leur diffusion, quasi immédiate et à grande échelle, ont été balayées sous le tapis. La “vérité officielle” que le pouvoir veut imposer, truffée de mensonges éhontés et de silences de plomb, ne tient plus la route, comme on dit. Personne n’a oublié les éborgnés, gazés, violentés, victimes, sinon de sévices au moins de brimades, qu’ont laissé derrière eux les mouvements sociaux de ces derniers mois. D’un côté la repression brutale des manifestations - quelles qu’en soient leurs motivations -, et de l’autre le laxisme “blanchisseur” de castagneurs en uniformes ou brassards. La bavure est devenue vomi. L’exception, déjà condamnable, est devenue une règle imposée depuis le sommet de l’État pour étouffer toute contestation sociale, et citoyenne sur les grands sujets de société (environnement, etc.), à la politique mise en oeuvre.

Une exigence de justice et de vérité

Le pouvoir Macron doit répondre de sa politique de maintien de l’ordre contestée depuis plusieurs mois. C’est le gouvernement Philippe, et son ministre de l’intérieur, Castaner, qui fixent aux forces de police le cadre et les objectifs de chaque opération de maintien de l’ordre et, surtout, c’est lui qui définit par l’ensemble de sa politique les conditions dans lesquelles sont amenées à intervenir les forces de police. Les tragédies, celles de Steve, Zineb et toutes les autres avant eux, lui sont imputables. Le 3 août encore, les incidents qui ont émaillé la manifestation nantaise pour la justice et contre les violences policières, interdite par la préfecture, témoignent de ce que cette politique de maintien de l’ordre, brutale et violente, est inopérante, puisqu’elle n’évite ni les violences ni les dégradations, le plus souvent le fait d’individus bien identifiés. Mais cette spirale de la violence, qui sert souvent d’alibi à une répression de plus en plus dure, n’est pas le résultat d’un enchaînement devenu incontrôlable d’évènements. C’est le pendant d’une violence politique qui vise à déposséder les plus hautes instances élues de leurs prérogatives, par le recours aux ordonnances où à une excroissance de la Constitution qu’est l’article 49-3. C’est l’affaiblissement prémédité des corps intermédiaires. C’est la violence sociale d’une politique pour que le patronat règne en maître en ses entreprises. Pour Steve, Zineb, Adama... il y a une exigence de justice et de vérité. Comme il y a, pour toutes les victimes de la politique de Macron, une exigence de redoubler de luttes et de se rassembler

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