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Souffrance, maladie et mort au travail

la grande hécatombe silencieuse

jeudi 25 juillet 2019 , 265 : visites , par LDA

Le procès de France Télécom aura contribué à lever le voile sur les immenses dégâts du “management” néolibéral et les contraintes terribles qu’il fait peser sur le travail humain. En 2017 : 530 accidents mortels sur les lieux de travail du seul secteur privé. 66% ont touché des ouvriers.

Il appelle également à tirer les enseignements des processus de privatisations, de la recherche de la rentabilité pour satisfaire de voraces actionnaires privés et des stratégies poussant les entreprises dans le feu roulant de la guerre économique. Le voile peine pourtant, près de vingt ans après ces faits sordides, à se lever sur l’ensemble du monde du travail. La perte de sens du travail humain, les doutes qui pèsent sur sa finalité à l’heure du capitalisme financiarisé avec ses exigences de rentabilité, ont pour corollaire une violence terrible qui touche aussi bien les cadres soumis à un stress croissant que les employés et ouvriers menacés dans leur intégrité physique.

La condition ouvrière en 2019, oblige à vivre avec la menace d’une mort au travail. 530 accidents mortels ont été recensés en 2017 sur les lieux de travail du seul secteur privé : 66% ont touché des ouvriers. Ce chiffre ne prend en compte ni les nombreux suicides imputables aux conditions de travail, ni les décès sur les trajets. Ni les conséquences des expositions aux fortes chaleurs des ouvriers de voirie ou du BTP, ou le maniement des produits toxiques. Restent également dans les limbes de la statistique les milliers d’accidents du travail qui ont eu pour suites un handicap souvent très lourd. C’est une hécatombe silencieuse sans que l’État ne daigne prendre la mesure du phénomène. Aucun travail statistique - encore moins de prévention - ne sont réellement menés et l’Assurance maladie ne “comptabilise” les accidents que dans l’optique d’une indemnisation, d’ailleurs limitée au secteur privé.

Le problème est lourd et manifestement structurel

Le député communiste Pierre Darrhéville s’est inquiété dans un rapport de l’inaction de l’État et du manque d’anticipation des risques dans des industries disséminées dans des nébuleuses de sous-traitants. Comme si sur ce sujet crucial la responsabilité des entreprises n’était pas engagée, ni celle des actionnaires, qui poussent à une réorganisation du travail par une précarisation massive et qui dynamitent le droit du travail et les instances du personnel censées contrebalancer le pouvoir patronal. C’est cette volonté patronale que Macron s’est employé à satisfaire dès son accession au pouvoir avec ses ordonnances létales qui amplifient le rapport inégalitaire entre le capital et le travail, exacerbé par la menace du chômage et l’appel d’air vers l’emploi précaire, sous payé et dangereux. D’autant que le système d’insécurité sociale se double en France d’une mise au travail extraordinairement dure avec des objectifs de rendement toujours plus excessifs, dans un pays où la productivité horaire est pourtant l’une des meilleures au monde ! Une telle situation nécessite un nouveau rapport de force contre le pouvoir exorbitant du capital qui contraint les États, corsetés dans la mondialisation capitaliste, à se délester, avec une mise en exergue outrancière du “droit de propriété”, de toutes leurs missions sociales. Le scandale des morts au travail doit amener à penser une autre répartition des richesses, du temps de travail et à un rôle nouveau des travailleurs dans l’entreprise, dotés de pouvoirs de décision sur la production et l’organisation du travail.

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