“Il faut rebâtir une société humaine où la compétition sera éliminée. Je n’ai pas à être plus fort que l’autre, je dois être plus fort que moi grâce à l’autre.” Albert Jacquard

L'Humeur
  • DE MALICETTE
  • 19 juillet 2019
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un peu d’histoire

vendredi 19 juillet 2019 , 378 : visites

Libé et l’Est-Éclair ont parlé de la Grand’peur de 1789 dans le journal du dimanche et de l’aventure qui arriva à Claude Jobert.

Il existe une rue Claude-Jobert aux Blossières, rue que le groupe communiste réclama et qu’André Beury nous accorda. Entre temps, les Comédiens de l’Aube, troupe dirigée par Régis Henry, avaient joué une pièce, «  La Part à Dieu », avec beaucoup de personnages et de chansons. C’était une vraie entreprise de culture populaire. La pièce fit un certain bruit du fait qu’elle racontait l’histoire de ce Claude Jobert, un artisan de Pont-Sainte-Marie, qui était venu en bande réclamer du pain.

Quand le blé vient à manquer, le peuple souffre et crie et provoque des émeutes, appelées alors «  émotions  ». La bourgeoisie a tôt fait d’attraper ces sauvageons et de les pendre au gibet du Marché au bled, des rienqui- vaille, disait-on. Le pauvre Jobert fut condamné à mort pour le seul fait d’avoir circulé en bande et ses compagnons envoyés aux galères ! Les découvreuses de cette histoire aux Archives s’appelaient Jeannette Petitjean et Françoise Bibolet ; des faits datant de juillet 89, juste après la prise de la Bastille.

Je me souviens de l’arrivée de la gauche au Conseil municipal de 1983, (c’était la première fois depuis 1947, puisque les listes étaient bloquées et toujours gagnées par la droite). C’est Me Colomès, le doyen de l’Assemblée qui prononça le discours inaugural. Il s’en prit à la populace révolutionnaire qui avait lynché le pauvre Claude Huez (nous étions en plein gouvernement socialo-communiste à Paris, sans doute craignaiton à droite l’arrivée des chars soviétiques !).

Bien qu’intimidé pour ma première présence parmi ces vieilles barbes, je ne pus m’empêcher de murmurer assez fort : « Et Claude Jobert ! ». On me fit taire. C’était la loi.

La mort affreuse (certes) de Claude Huez n’était que la conséquence de cette répression féroce conduite par la bourgeoisie troyenne de l’époque. Une bourgeoisie qui fut révolutionnaire, c’est-à-dire qu’elle bouscula les institutions en réclamant et obtenant le “laisser-faire et laisser-passer”, autrement dit la liberté du commerce et de l’industrie. Mais le peuple qui était lui aussi révolté par les privilèges ne servit le plus souvent que de force d’appoint sans en toucher les gages.

JEAN LEFÈVRE

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