“Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets...” Manifeste des Égaux (1795)

L'Humeur
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Voeux présidentiels

déni, entêtement et arrogance sociale

samedi 5 janvier 2019 , 29 : visites , par Rémi

Rase-bitume dans les sondages, Macron a terminé l’année 2018 sur les essieux. Mais il persiste et a annoncé qu’il ne bougerait pas d’un iota dans la mise en oeuvre de ses réformes en 2019.

Macron n’a pas daigné prononcer les mots "gilets jaunes", tout en pratiquant l’amalgame et la dépréciation

Le temps de la fausse contrition est terminé. Dans ses voeux, Macron s’est mis en scène debout et conquérant, déroulant un discours de défense de sa politique et d’autocongratulation sur les réformes de la SNCF et du Code du travail, annonçant la poursuite de la baisse des dépenses publiques, fermeté face à la "violence"... Promoteur zélé du capitalisme mondialisé et de la casse sociale, il n’a pourtant pas hésité à dénoncer un « capitalisme ultralibéral et financier qui va vers sa fin », en même temps qu’il annonçait ne pas bouger d’un iota sur les réformes qu’il a décidé de mener à terme en 2019. « Nous avons vécu de grands déchirements et une colère a éclaté, qui venait de loin », sans citer les gilets jaunes.

La « fermeté » en guise de chausse-pied La réforme de l’assurance-chômage « pour inciter davantage à reprendre le travail », celle de la fonction publique « pour la rendre plus efficace », et celle du système de retraite, parmi les plus importantes, restent donc dans le viseur du pouvoir. Une telle surdité face aux colères qui s’expriment laisse pantois, alors que ce sont précisément les réformes qu’il a déjà imposées, et dont il se fait un point d’honneur, qui les ont suscitées. Brinquebalé par «  les » affaires Benalla, ses mots fielleux ; le « pognon de dingue », le « je traverse la rue et je vous trouve du travail  », bien à la peine pour rapiécer son gouvernement après les jets d’éponge de Hulot et de Collomb, ayant dévissé dans les sondages pour se retrouver à un petit 20 et quelques pour cent fin décembre, le torpilleur des conquis sociaux et des services publics se refuse à considérer qu’il n’est plus qu’un rafiot de plus en plus balloté sur les vagues d’une contestation, à la fois de sa politique, mais aussi du système dont elle est la traduction. Au lieu d’infléchir cette politique, il persévère, la «  fermeté  » pour servir de chausse-pied aux récalcitrants.

Une tirade de Tartuffe

Sans prononcer les mots « gilets jaunes », il a ciblé ceux qui « prennent pour prétexte de parler au nom du peuple », mais ne sont « que les porte-voix d’une foule haineuse  ». Ceux qui manifestent pour pouvoir boucler leur fin de mois auront apprécié ! Un déni auquel s’ajoute l’arrogance sociale de classe. Probablement pour cacher aux français que tout ne va pas, et ne sera pas en 2019, pour le mieux dans le meilleur des mondes macroniens. Sa politique et les réformes mises en oeuvre sont un échec, en dépit des belles promesses faites pour les appliquer. En 2018, la croissance a baissé de 0,7 point par rapport à 2017, et l’année qui s’ouvre s’annonce sous les mêmes auspices. Aux petits soins avec les riches, impitoyable avec tous les autres 99%, entre Macron et les classes populaires, la rupture est actée. Morceau de bravoure dans sa tirade de Tartuffe : « remettre l’homme au coeur du projet contemporain : c’est la ligne que je trace depuis le premier jour de mon mandat et que j’entends poursuivre ». Beaucoup se sont pincés ! « Je crois en nous  », a-t-il conclu. Au regard de sa cote de popularité, ce n’est plus le cas pour beaucoup de français. Deux tiers d’entre eux, d’ailleurs, n’ont pas jugé "convaincante" son intervention. Macron espérait amadouer les français ; le succès n’était visiblement pas là pour toutes celles et ceux qui demandent l’égalité devant l’impôt et l’effort, la justice sociale, plus de démocratie et de représentativité pour tous les citoyens.

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