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Gilets jaunes - Mouvements sociaux

constituer l’indispensable unité populaire

vendredi 28 décembre 2018 , 229 : visites , par LDA

La colère, loin d’être éteinte, reste vive face aux annonces en trompe l’oeil. Le service après-vente de Macron mène une campagne idéologique pour adjurer celles et ceux qui étaient invisibles, avant d’occuper les ronds-points, de retourner à leur invisibilité

Le tabou des 3% de déficit public vient d’exploser en vol mais de la plus mauvaise des façons. On accuse les 15 milliards de dépenses envisagées de le creuser, mais on exonère l’argent donné aux entreprises, d’un montant de près de trois fois supérieur, comme la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) de 3,5 milliards euros. Les nouvelles mesures promises seront donc financées par les budgets publics, et les grandes entreprises et les banques ne seront aucunement mises à contribution. La simple prime au bon vouloir des entreprises est un pur artifice, dès lors qu’il ne s’agit pas d’une augmentation de salaire.

Au fur et à mesure des décisions, une part plus grande du salaire qui était versée par les employeurs est prise en charge par de l’argent public tout en vidant peu à peu les caisses de Sécurité sociale. Le message est clair. Il est de classe : les riches continueront de s’enrichir tandis que l’immense majorité se partagera un gâteau chaque jour un peu plus mince. Les prébendes des pouvoirs économiques restent intactes et l’objectif politique de liquider la cotisation sociale ne variera pas d’un iota. La modeste soupape ouverte vise, en fait, à préserver l’agenda macroniste de mise aux normes de la France aux canons de la mondialisation capitaliste. Retraites par points, casse de la fonction publique et saccage de la Sécu... restent à l’ordre du jour. Les intérêts du grand capital heurtent de plein fouet l’intérêt général et la politique à son service est d’une violence inouïe. Bien sûr, une augmentation du SMIC, des bas salaires, des prestations sociales représente une somme importante.

On peut inverser la logique

Mais l’argent coule à flot pour les dividendes, dans les paradis fiscaux et des emballages parfumés des cadeaux sociaux et fiscaux offerts aux grandes entreprises. Et, que dire de ces 2 600 milliards d’euros de monnaie créés par la Banque centrale européenne pour les banques privées, et qui servent si peu à l’investissement, au travail, à l’école ou à la culture ? En 2017, les entreprises ont versé 180 milliards de dividendes à leurs actionnaires et 67 milliards de frais financiers aux banques. À ceci s’ajoute l’évasion fiscale qu’organisent ces mêmes banques pour, au moins, 80 milliards. Ajoutons-y les frais financiers que paient l’État, les collectivités locales et le secteur hospitalier, et qui s’élèvent au bas mot à 43 milliards, quand la Banque centrale européenne prête à taux négatif aux banques privées. On peut donc inverser la logique et satisfaire le monde du travail et non la finance. C’est le coeur des luttes actuelles, auxquelles s’additionnent des revendications d’ordre démocratique comme en témoigne l’ampleur prise par la proposition d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC). Elles appellent une mobilisation de toutes les forces progressistes. De la jonction des usines et des ronds-points des gilets jaunes, des écoles et des lieux de création, des fermes ou des hôpitaux... peut naitre un nouvel élan. Les fêtes de fin d’année vont être l’occasion de nombreuses rencontres et de discussions entre familles et amis. Formons le voeu qu’elles permettent des prises de consciences salutaires pour que se constitue l’indispensable unité populaire.

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