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La Chapelle-Saint-Luc - Projet d’incinérateur

l’intérêt économique va-t-il primer sur l’intérêt général ?

vendredi 21 décembre 2018 , 270 : visites

Par J P C

Ça commence à faire beaucoup. Les prises de positions s’opposant ou s’interrogeant sur le bienfondé de la construction de l’incinérateur de La Chapelle- Saint-Luc se multiplient.

Après l’association Aube Durable et le collectif citoyen opposé à ce projet, le conseil municipal de La Chapelle-Saint-Luc et celui de Sainte- Savine se sont prononcés clairement contre le projet, avant que celui de Troyes n’émette un avis très réservé. Aujourd’hui, c’est au tour du CESER, le conseil économique, social et environnemental du Grand Est qui, dans un rapport demande un moratoire sur ce projet : « qui date de plus d’une décennie » et demande «  qu’une étude précise soit conduite avant toute décision  ». Une façon très claire de valider les doutes soulevés depuis plusieurs mois sur le bien-fondé de cette opération. Mieux encore, le président du CESER, Patrick Tassin, précise au sujet de cette construction : « cela est particulièrement démonstratif de ce qu’il ne faut pas faire », reprenant au passage l’argument des opposants concernant le surdimensionnement de l’incinérateur. Le rapport interroge également sur le volume disponible de déchets à incinérer alors que ce projet ne répond plus aux recommandations et même aux obligations légales en terme de réduction des déchets. Là aussi, le CESER se joint à la voix des opposants concernant un possible apport de déchets extérieurs au département afin de rentabiliser cet incinérateur. Tous les feux sont donc au rouge, mais il semblerait que les décideurs, Syndicat départemental d’élimination des déchets, (SDEEA) en tête, veuillent passer en force.

L’intérêt économique de Véolia l’emportera-t-il sur l’intérêt général ?

Pourquoi cette absence criante de volonté de promouvoir une politique d’élimination des déchets, ambitieuse et efficace par le tri systématique des déchets, par la collecte en porte-à-porte, par la valorisation des matières  ? Action qui pourrait faire passer de 80 000 tonnes à 40 000 tonnes le volume des déchets dans l’Aube. Après qu’ils aient été réduits de 100 000 tonnes à 80 000 tonnes de 2007 à 2017. Pour le Parti communiste, la situation est flagrante. Ce projet d’incinérateur illustre la stratégie des géants du secteur, Veolia en tête, lesquels ont intérêt à maintenir nos poubelles pleines. Le projet a pour objectif la valorisation des déchets et de permettre de produire une énergie durable et locale pour les habitants des quartiers environnants. Sur le papier, il porte l’ambition de l’économie circulaire. C’est oublier que les critères environnementaux ne pèsent pas lourd face aux critères de rentabilité économique ! Ce projet, précisément, illustre de manière emblématique la stratégie des multinationales des déchets qui ont bien compris que les déchets valaient de l’or. Le bon fonctionnement d’un tel incinérateur repose sur la possibilité de brûler des matériaux qui disposent d’un bon pouvoir calorifique. Dit autrement : mieux vaut brûler du plastique, du carton, des restes de repas (en gros, ce que contient la poubelle grise et qui sont recyclables et/ou compostables) que des gravats. Il est facile de comprendre qu’en privant l’incinérateur de ces matériaux, et notamment du plastique, on le prive également de sa meilleure matière première. En somme, la baisse globale des déchets et la baisse des plastiques dans les ordures compromettent fortement l’efficacité de l’incinérateur et sa rentabilité.

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