“Les marchés financiers n’ont que faire de la couleur politique des dirigeants des pays : ce qui compte, à leurs yeux, c’est le respect du programme économique.” Sous-commandant Marcos

L'Humeur
  • DE GUY CURE
  • 3 novembre 2018
  • Bien sûr, il y a cette violence qui pourrit le quotidien de ceux qui la subissent, celle de ces enfants et de ces ados qui imitant les incivilités de leurs parents s’imposent pour prouver qu’ils existent et sont tout-puissants. N’ayant jamais appris (...)

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Solidarité - Migrants

Le “maire courage” de Montreuil

samedi 3 novembre 2018 , 118 : visites , par Rémi

Le maire communiste de Montreuil est vent debout sur la question des migrants. Un mouvement de solidarité citoyenne lui a emboîté le pas. Une preuve que la résistance aux idées reçues et réactionnaires n’a pas encore mis un genou à terre.

Face à l’immobilisme des pouvoirs publics, le maire PCF de Montreuil, Patrice Bessac, avait pris un arrêté de réquisition mettant à l’abri dans un immeuble inoccupé, propriété de l’État, et dans des conditions dignes, les travailleurs migrants, jusqu’alors résidents dans un foyer insalubre. L’État a peu après réagi et les résidents sont sous la menace d’être expulsés, le préfet de Seine-Saint-Denis entendant les renvoyer à la case départ, en ayant demandé à la justice la suspension de l’arrêté de réquisition et celle d’un arrêté concomitant déclarant inhabitable le foyer. Mais à l’initiative du “maire courage” de la ville, la solidarité s’organise. «  Le devoir de fraternité, c’est maintenant  ! », titrait le dernier numéro du journal municipal de Montreuil. Alors que les pouvoirs publics font la sourde oreille depuis des années sur les conditions de logement abominables des résidents d’une ancienne usine, l’élu communiste s’est décidé à agir au nom du «  droit à la fraternité  ». Belle et bonne nouvelle, alors que tout est fait, avec d’infâmes calculs politiciens, pour atomiser le peuple en stigmatisant certains, et en mettant d’autres en concurrence, cette initiative pacifique et humaniste a reçu un bel écho. D’abord par le seul bouche à oreille qui a mobilisé des centaines de Montreuillois venus apporter leur soutien, puis par les réseaux sociaux où plus de cinquante mille personnes ont relayé cette action. Et ça dure ! Un « Manifeste pour l’accueil des migrants » a réuni plusieurs dizaines de milliers signatures et, samedi dernier à l’occasion d’un mafé convivial et citoyen, une pétition, demandant la levée de l’expulsion, plus de mille.

Le Serment du 104

Comme on est loin des miasmes fétides qui exhalent d’un peu partout et préparent la couche de l’extrême droite dans de nombreux pays ! La semaine dernière, plus de mille personnes, citoyens, représentants d’associations, militants politiques et personnalité s’étaient donné rendezvous dans la salle parisienne du Centquatre, à l’initiative d’une dizaine de titres de presse, dont L’Humanité, Regards, La Marseillaise... Un “Serment du 104”, qui y a été prononcé, rappelait celui du Jeu de paume en 1789 et celui du rassemblement populaire de 1935. Ces initiateurs demandent « aux élus locaux, nationaux et européens, à tous les responsables politiques qui entendent solliciter les soutiens et les suffrages des citoyennes et citoyens pour pouvoir agir et gouverner de faire le serment d’accueillir les migrants. [...] De refuser toute discrimination liée à l’origine, à la culture, à l’apparence ou à la croyance, tout comme au sexe et au genre. Le serment de faire en sorte que le pays où furent proclamés sans frontières les droits de l’homme et du citoyen ne soit pas celui de sa seule déclaration, mais celui qui leur donne vie et réalité, par une politique volontaire et exemplaire.  » Pour l’historien Roger Martelli, ce Serment « n’est pas qu’une question morale, c’est aussi une question réaliste : si nous ne nous engageons pas dans cette voie, notre monde sera de plus en plus invivable, inégal, violent et instable. » D’autres initiatives sont prévues car sur les grandes questions, qui sont des questions humaines et sociales, la gauche, dans sa diversité, doit pouvoir se rassembler.

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