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La Chapelle-Saint-Luc - Incinérateur (2)

véolia a intérêt à maintenir nos poubelles pleines

jeudi 11 octobre 2018 , 234 : visites

Les faits sont têtus ! Si l’on se place du côté de l’intérêt général, rien, absolument rien, ne plaide pour la construction d’une usine d’incinération de déchets ménagers à La Chapelle-Saint-Luc

Et pourtant, le Préfet de l’Aube vient de valider le projet, le Syndicat départemental d’élimination des déchets (SDEDA) tente d’écraser toute opposition en portant plainte contre une douzaine d’habitants de l’agglomération, qui organisent la résistance et la filiale de Véolia, qui a obtenu la construction et l’exploitation de l’incinérateur de déchets, s’est empressée dans la foulée de démarrer les travaux. Dès l’annonce du projet, ce qui à sauté aux yeux des opposants, c’est l’objectif de 60 000 tonnes de déchets à incinérer annuellement. D’une part, le volume des déchets dans le département de l’Aube est passé de 100 000 à 81 000 tonnes entre 2007 et 2017. D’autre part, de façon surprenante, le projet d’incinérateur du SDEDA ne tient pas compte de l’obligation, dès 2025, de la collecte des bio-déchets, ainsi que de la mise en place de la tarification incitative, qui sera très probablement généralisée sous peu dans tout le département de l’Aube. Ces deux éléments conjugués feront baisser de près de moitié le poids de nos poubelles.

Cette absence criante de volonté de promouvoir une politique d’élimination des déchets, ambitieuse et efficace, par le tri systématique des déchets, par la collecte en porte-à-porte, par la valorisation des matières
- recyclage additionné au surdimensionnement de l’incinérateur -, pose des questions légitimes aux habitants de l’agglomération et devraient interroger un peu plus les décideurs politiques locaux. La position du SDEDA devenant intenable, sa présidente justifie désormais ce projet dans la perspective de traiter des ordures provenant de toute la région Grand-Est : « En 2035, le Grand-Est manquera d’unités de traitement selon des études faites par la Région... » (Est-Éclair - 6/09/2018).

En expliquant que l’incinérateur chapelain trouve désormais sa raison d’être dans le cadre régional, la présidente du SDEDA indique que la pérennité de cet outil repose maintenant sur l’importation de déchets extérieurs au département et admet le surdimensionnement du projet.

En fait, ce projet d’incinérateur illustre la stratégie des géants du secteur
- Veolia en tête -, lesquels ont intérêt à maintenir nos poubelles pleines. Le projet a pour objectif la valorisation des déchets et de permettre de produire une énergie durable et locale pour les habitants des quartiers environnants. Sur le papier, il porte l’ambition de l’économie circulaire. C’est oublier que les critères environnementaux ne pèsent pas lourd face aux critères de rentabilité économique ! Ce projet, précisément, illustre de manière emblématique la stratégie des multinationales des déchets qui ont bien compris que les déchets valaient de l’or. Le bon fonctionnement d’un tel incinérateur repose sur la possibilité de brûler des matériaux qui disposent d’un bon pouvoir calorifique. Dit autrement : mieux vaut brûler du plastique, du carton, des restes de repas (en gros, ce que contient la poubelle grise et qui sont recyclables et/ou compostable) que des gravats. Il est facile de comprendre qu’en privant l’incinérateur de ces matériaux, et notamment du plastique, on le prive également de sa meilleure matière première. En somme, la baisse globale des déchets et la baisse des plastiques dans les ordures compromettent fortement l’efficacité de l’incinérateur et sa rentabilité.

Passy COHN

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