“Les marchés financiers n’ont que faire de la couleur politique des dirigeants des pays : ce qui compte, à leurs yeux, c’est le respect du programme économique.” Sous-commandant Marcos

L'Humeur
  • des vies sauvées
  • 10 août 2018
  • 80 à l’heure, c’est moins de pollution, donc moins de gaz à effet de serre. En roulant moins vite, je combats le dérèglement climatique, et je diminue la surmortalité due aux effets de la canicule. Ça vaut quand même le coup ! Dommage que les camions (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATOUILLE
  • 10 août 2018
  • L’École des hautes études commerciales de Paris (HEC) est une “grande école” d’écrémage de la « crème de la crème ». L’enseignement tarifé (45 000 euros (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2018 > Août 2018 > N°1507 du 10/08/2018 > Assemblée nationale

Assemblée nationale

une des sessions les plus réactionnaires

vendredi 10 août 2018 , 256 : visites , par LDA

La session parlementaire qui vient de s’achever a été marquée par un rythme effréné, avec une majorité de textes adoptés en procédure accélérée, des votes de nuit et un calendrier contraire à la démocratie.

L’Assemblée nationale a clôturé une session parlementaire intense. Si les derniers jours ont été plus que chamboulés par l’affaire Benalla, les travaux avaient déjà démarré en septembre sur un rythme effréné. «  Un calendrier et des pratiques contraires au temps et à la vitalité démocratiques  », estime la députée PCF Elsa Faucillon, avec la multiplication des séances de nuit, et durant le week-end, par le président de l’Assemblée, François de Rugy, afin de faire adopter un maximum de lois dans un minimum de temps. « Il y a une accélération permanente qui nuit à la qualité du travail législatif », confirme Pierre Dharéville.

C’est ainsi que, à deux heures du matin, l’interdiction du glyphosate a été rejetée, qu’à quatre heures du matin - un samedi -, la loi logement a été votée, ou encore qu’un dimanche soir, en période de vacances, la loi asile et immigration a été adoptée en première lecture. Des ordonnances sur le Code du travail et la SNCF aux lois sur les fake news et le secret des affaires, sans oublier les coups portés au logement social et à l’université, ni les coupes budgétaires et les cadeaux faits aux plus riches, le gouvernement a fait voter 52 textes, dont 29 en procédure accélérée ! Du côté du gouvernement, il y a sans ambiguïté une volonté de saturer l’agenda parlementaire, de raccourcir les délais pour prendre de vitesse la représentation nationale et donc le pays tout entier. Ce qui compte d’abord, c’est que cela aille vite avec une majorité de godillots qui méconnaissent pour beaucoup les dossiers et travaillent “au rendement” ; un gouvernement bourrin qui veut écraser l’Assemblée au maximum.

“Au pas de charge, à la hussarde...”

Et la forme va de pair avec le fond. La dernière session est une des plus réactionnaires que le pays ait connues avec toute une série de conquêtes sociales et politiques qui ont été liquidées en quelques mois. Juste avant l’ajournement de la réforme constitutionnelle, qui vise à soumettre davantage le Parlement, Luc Carvounas (PS) s’était également ému de ce rythme, « matin, midi et soir, au pas de charge, à la hussarde », avant de lancer : « C’est une honte ! Il faut que nos compatriotes le voient !  » Même du côté du groupe UDI-Agir, on a fustigé le « en même temps » au Parlement selon Macron, qui vise à faire se superposer au maximum les travaux de commissions et en séances. Après l’affaire Benalla, la reprise parlementaire a finalement été repoussée au 12 septembre. Mais le calendrier est déjà “overbooké”. Au planning : les dispositions faisant suite aux États généraux de l’alimentation, sensées assurer un revenu décent aux agriculteurs et améliorer la qualité des produits consommés, le très attendu projet de “loi sur la pauvreté”, le vote de la loi Pacte, relative aux PME et TPE françaises... et la révision constitutionnelle, ajournée pour les motifs que l’on connaît. «  À la rentrée, nous ne ralentirons pas, nous ne lâcherons rien. Nous irons jusqu’au bout de notre projet  », a prévenu le Premier ministre, dans la lignée de la réforme de la SNCF, de celle du Code du travail, de la sélection à l’université avec Parcoursup, etc. Reste à savoir si la course de vitesse que le gouvernement entend donc poursuivre va tenir sur la longueur. Ce sera là un enjeu de la rentrée sociale.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|