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Santé publique

lutte victorieuse des hospitaliers du rouvray

vendredi 15 juin 2018 , 320 : visites , par Rémi

Victoire au Rouvray. Dans l’Aube, le député de la 1ère circonscription vote les coupes dans les budgets de la santé à l’Assemblée, puis va pleurnicher dans les jupons d’Agnès Buzyn ! Dans le genre tartuffe, un de plus à aligner sur sa cheminée.

Gardons-nous des sauveurs de la vingt-cinquième heure ! Après François Baroin, voilà le député LREM de la 1ère circonscription du département, Grégory Besson-Moreau, qui a mis les mains dans le cambouis. En effet, il vient d’interpeller la ministre de la santé, Agnès Buzyn, à propos de l’hôpital de Troyes. Le député aubois tance vertement sa ministre, l’accusant de déshabiller Paul pour habiller Pierre, une situation découlant des mesures prises à la réunion de “crise” du 4 mai dernier entre François Baroin, les urgentistes et la direction de l’hôpital de Troyes, et qui a conduit à déplacer des professionnels de Bar-sur-Aube à Troyes. Silence du député, en revanche, sur les quatre milliards d’euros en moins cette année dans le budget de la santé du gouvernement Macron- Philippe, dont 1,6 milliard de coupes budgétaires pour l’hôpital. Un budget qu’il a évidemment soutenu, à l’image de François Baroin, de tous les mauvais coups contre la santé depuis 1995 ; du plan Juppé à la loi Bachelot. La mise à la diète de la santé publique ayant été poursuivie, en l’aggravant, pendant le quinquennat Hollande. En fait, les cris d’orfraie poussés par Grégory Besson- Moreau sont la résultante de choix politiques de démantèlement de la santé publique que ses votes à l’Assemblée ont permis de faire appliquer. Mister Besson au palais Bourbon, Docteur Moreau dans l’Aube !

Lutte victorieuse au Rouvray

En contrepoint des boniments des “faiseurs” de notre département, l’intersyndicale de l’hôpital psychiatrique du Rouvray à Sotteville- lès-Rouen (Sene-Maritime) a obtenu la création de 30 postes et de 2 unités de soins supplémentaires. Il aura fallu un mouvement de grève illimité et 18 jours de grève de la faim de 7 membres du personnel pour que l’Agence régionale de santé se débouche les oreilles et entende les demandes - les cris de détresse - des personnels de cet établissement. Le 20 avril dernier, le député PCF de Seine-Martime, Hubert Wulfranc, était ressorti «  accablé » d’une visite sur place, en particulier par l’état de vétusté «  avancée » de certains bâtiments : «  une illustration des difficultés des hôpitaux français, notamment en psychiatrie », avait-il déclaré. Motif de fierté supplémentaire pour les grévistes du Rouvray, les moyens dégagés ne seront pas pris sur le dos d’autres établissements de la région. À l’opposé de la politique des vases communicants qui a été décidée à la va-vite pour les urgences de Troyes. Par leur volonté de lutter jusqu’au bout, les personnels hospitaliers du Rouvray ont démontré que la lutte paie, que les avancées, les « conquis », s’arrachent par la lutte et que seule est perdue d’avance la bataille que l’on n’a pas voulu engager. Les rapiéçages au coup par coup ne font pas le compte quand il est question de la santé publique, tant elle a été dégradée par plus de vingt ans de choix politiques désastreux, pour les personnels aujourd’hui à bout, et pour les patients. Pour sauvegarder, développer et moderniser un système de santé publique adapté aux besoins réels, l’argent existe. Lutter sérieusement contre la fraude patronale aux cotisations sociales rapporterait 20 milliards d’euros/an dans les caisses ; supprimer les allégements de cotisations, dits “Fillon” : 23 milliards... entre autres mesures. La mise en place d’un système de soins “low cost”, la compression des dépenses et des effectifs, le sous-investissement... ne sont pas une fatalité. Ne laissons pas la santé aux marchands et à la finance.

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