“Les marchés financiers n’ont que faire de la couleur politique des dirigeants des pays : ce qui compte, à leurs yeux, c’est le respect du programme économique.” Sous-commandant Marcos

L'Humeur
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATOUILLE
  • 18 mai 2018
  • Le réalisateur russe, Kirill Serebrennikov, était absent lors de la projection de son dernier film, Leto (L’été), au festival de Cannes. Un film qui, pourtant, a ensorcelé “La Critique” : « Leto est un poème russe d’une puissance cinématographique hors (...)

  • Lire la suite

Profits

les parasites boursouflés de fric du CAC 40

vendredi 18 mai 2018 , 328 : visites , par Rémi

Les bénéfices versés aux actionnaires des principales sociétés françaises ont doublé en quinze ans, passant de 30% à plus de 67%. Un pillage qui ne laisse que des miettes à l’investissement et aux salariés, selon l’ONG Oxfam France. Champagne à flot pour les actionnaires, une “lichette” pour les salariés. C’est, en substance, ce qu’il ressort de l’enquête d’Oxfam France sur les entreprises du CAC 40, en partenariat avec la coopérative Basic (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne), et publiée en début de semaine. Sur cent euros de profits réalisés en moyenne par les entreprises du CAC 40 entre 2009 et 2016, leurs actionnaires ont récupéré pas moins de 67,40 euros, quand les salariés, eux, ont dû se contenter de 5,30 euros ; la multinationale gardant 27,30 euros pour les investissements. Autrement dit, la rémunération des actionnaires a augmenté quatre fois plus vite que celle des travailleurs. Or, « si les entreprises du CAC 40 avaient choisi de maintenir en 2016 le niveau de dividendes de 2009 et d’augmenter les salaires […], l’ensemble [de leurs salariés] auraient pu voir leurs revenus augmenter d’au moins 14 000 euros sur la période, soit plus de 2 000 euros par an et par employé ». Une boulimie financière qui génère de fortes injustices sociales, puisqu’elle ne profite qu’à une « minorité très fortunée », conclut l’ONG.

Oxfam note également que ce modèle économique, qui vise à satisfaire uniquement l’appétit financier des actionnaires, fragilise l’entreprise. Entre 2009 et 2016, la capacité d’investissement, par exemple, a chuté de 17 milliards d’euros. Outre cette injuste répartition des profits, les inégalités ont aussi explosé à l’intérieur des entreprises. En 2016, les patrons des multinationales françaises ont touché pas moins de 119 fois le salaire moyen dans l’entreprise, contre 96 fois en 2009. Une montagne de fric détournée, entre autre, des services publics Depuis 2009, 407 milliards d’euros ont été accaparés par les actionnaires. Un scandale à la mesure du mensonge éhonté selon lequel il n’y aurait pas d’argent. Pas d’argent pour les salaires, les retraites, la protection sociale, sans oublier les services publics. La politique de Macron repose sur un conte aussi grotesque qu’hypocrite : les riches seraient entravés pour investir et améliorer le sort de tous. L’étude d’Oxfam réduit à néant cete fable. En réalité, sa politique consiste à obturer les tuyaux de la dépense publique qui bénéficie, elle, à tous et surtout aux plus modestes. Des collectivités locales à la SNCF, des APL rabotées aux suppressions d’impôts pour les plus fortunés... tout se tient dans les choix d’un gouvernement qui gouverne par - et pour - les méga-actionnaires du CAC 40. La santé de notre industrie, le développement durable ou le bien-être de l’immense majorité de nos concitoyens sont bien les cadets de leurs soucis. Seules comptent les rémunérations colossales distribuées aux chefs d’entreprises géantes et indexées aux “performances” financières exigées à court terme avec, dans leur cahier des charges, la panoplie des formules « d’optimisation fiscale », c’est-à-dire d’évasion, et l’architecture des filiales logées dans les paradis fiscaux qui le permettent. Oxfam recense, pour 2016, 1 454 filiales contrôlées par des entreprises du CAC 40 dans des paradis fiscaux, soit 20% de plus qu’en 2008. Ainsi, des montagnes d’argent sont détournées des services publics, des hôpitaux, des écoles, etc. Du vol en bandes organisées. Ni plus, ni moins.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|