“Un gouvernement injuste familiarise les esprits des sujets avec l’injustice et fait que peu à peu ils s’accoutument à la voir sans horreur.” Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach

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Troyes - Hôpital public

les urgentistes dénoncent le manque de moyens

jeudi 1er mars 2018 , 296 : visites , par LDA

Alors que les élu.e.s du PCF constatent, depuis le 12 février dans leur “tour de France” des hôpitaux, les effets de la stratégie de casse de la santé publique, les urgentistes de Troyes viennent de tirer le signal d’alarme, estimant “difficile d’assurer l’ensemble de leurs missions.”

La lettre n’était pas dans une bouteille, mais c’était bien un “S.O.S.” qui a été distribué la semaine dernière aux patients, par l’équipe des urgentistes de l’hôpital de Troyes. Des patients qui ont passé la nuit sur un brancard. «  Nous ne sommes pas assez nombreux [...], nous consacrons toute notre énergie à vous soigner, c’est notre mission de soignants de la fonction publique...  » Mais l’hôpital « manque de lits. Les médecins étant de moins en moins nombreux, il devient difficile d’assurer l’ensemble des missions », précisait l’équipe médicale, expliquant avoir informé la direction depuis de nombreux mois, et que « la situation est toujours la même. » Une situation, hélas, qui n’est pas particulière à Troyes.

Notre problème n’est pas d ’être rentable

De son côté, le délégué du Grand Est de l’Association des médecins urgentistes de France, Valéry Flipon, qui s’est dit solidaire du communiqué de ses confrères, pointe les « restrictions budgétaires [qui] ne permettent plus à l’hôpital public de soigner les patients en toute sécurité.  » La racine du mal ? « Notre problème n’est pas d’être rentable, mais de soigner nos patients, de prendre en charge leur souffrance  », poursuit-il en ajoutant qu’il «  est grand temps de comprendre que les urgentistes sont à bout. » Une situation qui n’est pas spécifique à la métropole auboise, mais prégnante pour les autres centres hospitaliers de notre département où, par ailleurs, le manque de praticiens transforme certains territoires en déserts médicaux. Loin d’être une fatalité, cette situation est le résultat des politiques successivement mises en oeuvre sous couvert d’un “équilibre budgétaire” austéritaire qui a conduit à diminuer, coup de rabot après coup de rabot, les moyens de la santé publique, au profit du “libéral”, où la rente capitaliste est le nec plus ultra et l’accès aux soins, l’enjeu de stratégies financières et de boursicotages.

Une offre de soins publique peau de chagrin

Dans l’hôpital public, comme dans les EPHAD, c’est l’asphyxie. «  Le temps des rafistolages est révolu. Il faut mettre de l’ordre  », selon Macron. Quand on connaît le goût de ce gouvernement pour l’austérité, la pensée d’Agnès Buzyn, ministre de la santé, sur les 30% de soins hospitaliers qui ne seraient pas pertinents (?), les 4 milliards d’euros en moins en 2018 sur le budget de la santé, dont au moins 1,6 milliard pour l’hôpital, le pire est à craindre quand est évoqué un vaste plan de « transformation de l’offre de soins  », où il ne s’agirait pas « de dépenser plus, mais mieux ». Un plan qui risque d’être aussi funeste que celui de la réforme de l’action publique, “CAP 2022”, annoncée en septembre dernier. L’enveloppe promise de « 100 millions d’euros par an en plus de l’ONDAM, l’objectif national des dépenses de l’assurance maladie  » va grossir les entreprises du numérique. C’est une insulte aux personnels de santé maltraités par un manque criant de personnels et de moyens. La réforme du financement à l’activité (T2A) est un leurre, l’arbre cachant la forêt : une offre de soins publique peau de chagrin ! Plus grave encore, le tout ambulatoire est réaffirmé, alors que chacun voit bien s’étendre, en zone rurale comme urbaine, la désertification médicale. La seule remise en cause du numerus clausus ne saurait suffire à répondre aux maux créés, car il faut plus de dix ans pour former un généraliste et quinze pour un spécialiste. D’ici là, le manque de moyens aura eu raison de la santé publique.

Pour les urgentistes de Troyes, “les soignants ont l’impression de maltraiter les patients. [...] Ce n’est ni humain, ni décent.”

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