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Carrefour

Bompard veut gaver encore plus ses actionnaires

lundi 12 février 2018 , 410 : visites , par Rémi

Bompard, le Pdg de Carrefour qui s’est distingué par ses revenus astronomiques lorsqu’il dirigeait la Fnac, veut essorer la “masse salariale”. Plusieurs milliers de salar iés de l’enseigne vont se retrouver sur le carreau. Le gouvernement joue les Ponce Pilate.

Parlons chiffres. Selon la CGT, Carrefour aurait été l’heureux bénéficiaire de 1,943 milliard d’euros d’aides publiques, pour les cinq dernières années, au titre du CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) et d’éxonérations de cotisations salariales. De l’argent public qui, sans passer par la case “création d’emplois”, est sans coup férir devenu privé dans la poche des actionnaires du groupe qui ont reçu 2,379 milliards d’euros de dividendes entre 2012 et 2016. On pourrait en outre s’étonner qu’en 2016, malgré une “fluctuation baissière” des bénéfices, ils aient touché plus de dividendes. Qu’à cela ne tienne. Le Pdg de Carrefour, Alexandre Bompard, dont Alain Minc ne tarit pas d’éloges : « ll est dans le business ce que Macron est en politique » - pas rassurant -, a décidé une réduction des coûts de 2 milliards par an dès 2020, qui passera par la fermeture de 273 magasins et la suppression annoncée de 2 400 postes. Selon le Midi Libre, les Carrefour “Contact” de Saint-Julien-les-Villas et Troyes seraient fermés et celui de Sainte-Savine mis en location-gérance. C’est l’annonce, en août 2017, de « résultats décevants » suivie d’une chute de 13% des actions en Bourse qui a provoqué ce plan. Annonce officielle, car, dans la période qui l’a précédée, un jeu de chaises musicales avait été organisé, qui a vu l’arrivée de Bompard à la tête du groupe. Ex-patron de la Fnac-Darty, les actionnaires l’ont adoubé pour appliquer «  une méthode déjà expérimentée avec succès à la Fnac  », nous dit un site de conseils en Bourse. Mais gare à l’intox ! Si les bénéfices ont baissé, le chiffre d’affaires du premier semestre 2017 a, lui, augmenté de 3,3%.

Le blanc seing du gouvernement

Alexandre Bompard n’est pas Mère Thérésa. De son passage à la Fnac, beaucoup ont remarqué ses revenus astronomiques. 11,5 millions d’euros en 2015 et 13,9 millions en 2016 (+21%) ; une rémunération bien au-dessus de la moyenne des patrons du CAC40 (au nombre desquels la Fnac ne figure pas). N’y aurait-il pas ici matière à économies ? Aux 2 400 suppressions de postes mises en avant, n’oublions pas les 2 100 salariés des 273 magasins Dia, dont il veut se débarrasser. Un chiffre encore plus important selon les prévisions des organisations syndicales qui ont lancé un semaine d’actions. Bien évidemment, comme à chaque fois en pareilles circonstances, c’est la « masse salariale » qui sert de chiffon rouge. Entre 2012 et 2016, elle aurait augmenté de... 0,9%. Selon, certains calculs, en mettant bout à bout les suppressions de postes, les transferts de magasins à des tiers et les gains de productivité, Carrefour pourrait “économiser” l’équivalent d’au moins 7 000 salaires, soit 6% de ses effectifs en France. Côté gouvernement, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, promet d’être « vigilant sur l’accompagnement de chaque salarié » dont le poste sera supprimé. Ce n’est pas autre chose que donner un blanc seing à Bompard ! De leur côté, les députés du PCF ont jugé « révoltante » la décision du groupe, qui fait «  payer aux salariés des stratégies d’entreprise qui sont décidées en haut lieu  », a dénoncé l’élu des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville. De l’eau au moulin pour une loi contre les licenciements boursiers, préconisée par le PCF.

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