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Lactalis

La course aux profits à n’importe quel prix

dimanche 21 janvier 2018 , 230 : visites , par Rémi

Troisième groupe mondial dans
son activité, Lactalis est un
mastodonte financier où la loi
du profit régit tout, et la santé
publique est un “détail”. Un
scandale alimentaire qui repose
la question du rôle des pouvoirs
publics f ace aux intérêts pr ivés.

La faute à une « salmonelle récidiviste », accuse la Revue de l’industrie
agroalimentaire (RIA). Pas un mot, en revanche, sur le patron « récidiviste
 » de Lactalis, Emmanuel Besnier, 8ème fortune de France (11,3 milliards
de dollars selon le magazine Forbes), sans oublier son frère et sa
soeur, ex æquo en 14ème position avec 4 milliards de dollars. L’appât du
gain et le secret en guise de règle de vie dans le clan Besnier. Le mépris
également, car il a fallu les révélations de « dysfonctionnements » gravissimes
dans la grande distribution et l’expansion hors de France du
scandale, pour que le rat sorte de son fromage lucratif, promettant d’indemniser
toutes les victimes. L’argent, antidote à ses empoisonnements !
Récidiviste, le mot n’est pas trop fort concernant Besnier et son groupe.
2000 : condamnation pour fraude (“mouillage” du lait avec de l’eau) et
publicité mensongère. 2008 : recylage et vente de fromages périmés par
sa filliale Galbani. 2012 : mise sur le marché de lait stérilisé UHT en le
faisant passer pour du lait frais pasteurisé (beaucoup plus cher).
Dans cette affaire, Besnier échappe à la justice en raison d’un « vide réglementaire
 » ! Moins chanceux en 2015, il est condamné à une amende
de 56,1 millions d’euros pour entente illicite sur les prix et appels d’offres
pour produits laitiers frais. Et en 2016, le revoilà en première ligne
face aux producteurs de lait qui l’accusent de les contraindre à vendre
à perte.Un vaurien aussi côté écolo. En 2012, condamnation pour une
importante pollution d’une rivière proche de l’usine de Craon (53). Bis
repetita en août 2017 avec son usine de Retiers en Ille-et-Vilaine.
Les député-e-s PCF demandent une commission d’enquête


Ce patron multimilliardaire, propriétaire d’une nébuleuse de marques
de produits alimentaires, est un danger public, n’hésitant pas, pour augmenter
ses profits, aux pires coups tordus jusqu’à mettre en danger la
santé de jeunes enfants. Contraint par l’ampleur du scandale, les pouvoirs
publics ont fait les gros yeux. Les avocats de Besnier auront pour
tâche de minimiser les “coûts” et sa com’ est déjà en branle pour le faire
passer pour un enfant de choeur. Mais les langues se sont déliées aussi
du côté de ses salariés et l’image du “patron responsable” en prend un
vilain coup. « Nous sommes nombreux à n’être absolument pas surpris
de se qui se passe », a témoigné un ancien salarié de Craon, ajoutant que
de la limaille de fer avait même été retrouvée dans des boîtes de lait à
la suite du remplacement d’une pièce par une autre, moins chère. Pour
lui, « la priorité, c’est la production ». Même analyse par la CGT, selon
qui l’introduction de nouvelles métodes de travail « pose de véritables
problèmes sanitaires » et qui précise : «  De multiples contrôles devraient
être effectués, depuis l’arrivée du lait jusqu’au conditionnement. Ils devraient
être réalisés sur la base d’un cahier des charges interne qui définit
les normes européennes. à l’évidence, le groupe s’asseoit dessus.
 » De
leur côté, des députés communistes et socialistes ont demandé l’ouverture
d’une commission d’enquête parlementaire pour « faire la lumière
sur les agissements de l’entreprise [...] et l’incapacité du gouvernement
à imposer l’ordre républicain face à des intérêts privés puissants. »

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