“Je veux que la République ait deux noms : qu’elle s’appelle Liberté, et qu’elle s’appelle chose publique.” Victor Hugo

L'Humeur
  • Jack Ralite
  • 27 novembre 2017,
    par Jean Lefevre
  • Je me souviens de lui pour deux faits indissociables : son passage au ministère de la santé en 1981 et les États généraux de la culture en 1987. Le “corps et l’esprit”, autrement dit. Il ne se plaignait pas, d’avoir été nommé ministre de la santé plutôt (...)

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solidarites:Interview exclusive à La Dépêche de l’Aube :

Yekbun Eksen:Représentant du Conseil démocratique du Kurdistan en France (CDk-F)

lundi 27 novembre 2017 , 132 : visites , par Rémi

Victimes de la répression dans la turquie de l’autocrate Erdogan, applaudis, lorsqu’ils sont au combat contre Daesh, par l’Europe, avant qu’elle ne revienne à ses intérêts géopolitiques, les forces progressistes kurdes sont pourtant un acteur incontournable au Moyen-Orient.
La Dépêche de l’Aube :
De Kobané, où ils « se sont battus pour toute l’humanité », à Raqqa, les kurdes sont de toutes les batailles contre Daesh. Pourtant, l’Union européenne, les USA, la Russie et les états de la région poursuivent leur jeu de « poker menteur » au détriment des populations kurdes. Quelle est votre analyse ?
Yekbun Eksen  :
Les kurdes ayant gagné leur statut d’“acteurs” dans le conflit syrien et dans la lutte contre Daesh, et, surtout, sans aucune alternative, ni militaire, ni politique sur place, ces puissances n’ont pas d’autres choix que de s’asseoir à la table des négociations avec les kurdes concernant le conflit syrien. Les kurdes ont su apporter un pragmatisme et une vision politique propre qui leur ont permis d’obtenir un statut de facto politique dans la région. On parle aujourd’hui d’une participation kurde à la conférence de Genève, contrairement à ce qui se préparait il y a quelques mois seulement. USA et Russie, les deux grandes puissances présentes dans la région, n’ont pas d’autre choix que de dialoguer avec les kurdes. A contrario, si le manque de vision et de pragmatisme politique subsiste, on peut assister, comme ce qui est arrivé aux kurdes à Kirkouk (Irak), où après une bataille de Mossoul (Irak) gagnée contre Daesh, ils ont perdu la réserve pétrolifère de Kirkouk, attribuée à Bagdad. Les équilibres au Moyen-Orient peuvent basculer très rapidement, mais nous faisons preuve de maitrise politique, de rigueur et de continuité dans le conflit syrien.
LDA :
On est frappé de ce que les revendications qui sont les vôtres vont bien au-delà d’une simple stratégie politique « nationaliste », comme le caricaturent de nombreux médias. Je pense en particulier à l’égalité entre femmes et hommes et aux droits humains en général, à l’écologie, à une alternative socialiste au capitalisme...
Y.E. :
En effet, les kurdes en Syrie prônent le « confédéralisme démocratique », un projet de société porté par le leader du PKK, Abdullah Öcalan (emprisonné en Turquie depuis près de 20 ans et qui, depuis deux ans, n’a pu voir ni sa famille, ni ses avocats), et qui porte sur une philosophie d’une société du vivre ensemble, dont les aspects égalitaires à travers la libération des femmes contre la domination masculine, en accord avec l’idée qu’il ne peux exister de société libre sans femme libre. Abdullah Öcalan appelle cela « la révolution (en Syrie) dans la révolution » : multiethnique, diversité des cultes, écologie sociale... sont mis en avant dans tous les aspects de la société. Nous prônons une démocratie du « bas vers le haut » et non l’inverse, comme dans nos systèmes actuels, avec la création de communes avec des pouvoirs étendus, qui se coordonnent à échelle du canton et par la suite au niveau régional. Ce système est une expérience sociétale majeure au Moyen-Orient, dont les peuples n’ont connu que dominations et guerres chroniques depuis des siècles. Dans ce projet de société, le premier concerné est le premier à agir. LDA : Des camarades, qui se sont rendus sur place, sont choqués par la situation des réfugiés kurdes du camp de Lavrio en Grèce [1], abandonnés sans aucune aide sinon celle de bénévoles solidaires grecs et européens et du Croissant Rouge du Kurdistan. Y.E. : La Grèce a cédé aux pressions de la Turquie. Cela a eu pour conséquences le repli des autorités grecques et d’organisations d’aide de ce camp. Les réfugiés de Lavrio souffrent de cette indignité quotidienne. La diaspora, à travers le Croissant Rouge du Kurdistan, se mobilise pour leur venir en aide, mais cette dernière, ormis le fait qu’elle intervient déjà au Rojava (nord de la Syrie tenu par les Kurdes), et de la crise de guerre civile au Kurdistan de Turquie, est dépassée. Pour autant, elle n’abandonne pas les réfugiés. C’est là que la solidarité des bénévoles européens prend tout son sens, car elle permet de porter des efforts d’aide auprès des réfugiés, mais en parallèle, elle renforce notre capacité d’action au Kurdistan de manière indirecte. Cette solidarité n’est pas du tout négligeable, bien au contraire.

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