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Santé - Maisons de retraite

C’est une réalité qui éclate au grand jour : la...

Le budget de la sécu remplit les poches des actionnaires

mercredi 1er novembre 2017 , 107 : visites , par passy cohnn

C’est une réalité qui éclate au grand jour : la santé n’échappe plus à la marchandisation comme à la recherche de rentabilité maximum des actionnaires. Des millions de personnes en font quotidiennement la scandaleuse... et dramatique expérience.
Les politiques d’austérité budgétaire dans les hôpitaux publics, la tarification à l’acte, les 45 milliards d’exonérations de cotisations sociales accordées annuellement aux entreprises, ont fragilisé terriblement notre système de santé. Les conditions matérielles de nombre d’hôpitaux publics sont indignes. Les numerus clausus très insuffisants, la multiplication des dépassements d’honoraires, le déremboursement de quantité de médicaments... aggravent le nombre de renoncements aux soins, qui atteint 30%, et même 50% chez les jeunes.

Dans l’Aube, la moitié des 44 maisons de retraite
appartient au secteur privé.

Le constat dans les maisons de retraite est identique
Avec une rentabilité maximum assurée, elles sont devenues un véritable Eldorado pour les investisseurs privés. Aujourd’hui, près d’un quart des EHPAD sont des entreprises privées à but lucratif et sont propriétés de grands groupes, qui appliquent des tarifs qui oscillent entre 2 000 et 5 000 euros par mois. Là aussi, les réductions budgétaires déstabilisent le travail des personnels. Les repas, les soins, l’hygiène, de même que les activités proposées aux personnes âgées subissent de plein fouet les politiques d’austérité - quand il s’agit du public - ou de « préservation des marges » - lorsqu’il s’agit du privé.
D’un coté, la pression devenue insupportable pour le personnel soignant et non-soignant, avec des témoignages qui se multiplient partout en France, comme celui que nous avons recueilli d’une auboise, qui mettent en évidence systématiquement le manque d’effectifs, le “turn over” qui s’accélère avec du personnel pas assez formé et mal payé, et des conditions d’accueil à la limite - voire au-delà - de la maltraitance pour les résidents. Et de l’autre, comme cela a été dévoilé dans un reportage diffusé à la télévision, les multinationales qui investissent en masse dans les structures de santé et particulièrement dans les maisons de retraite, utilisant tout les moyens, y compris illégaux, pour remplir les portefeuilles des actionnaires. Par exemple, des « primes de remplissage » sont versées aux directeurs et la pratique de sur-occupation des chambres encouragée.

C’est parce que n’ont pas été mises en place les politiques publiques adéquates, que des actionnaires peuvent aujourd’hui se permettre de ponctionner sur le budget de la Sécurité sociale une part de leurs dividendes.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 n’y changera malheureusement rien, puisqu’il reconduit 45 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales - soit presque 10% du budget total - et qu’il intègre les 20 milliards d’euros du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), auxquels il ajoute 4 milliards supplémentaires. En revanche, il n’affiche pas d’ambition sérieuse quant à la fraude aux cotisations patronales, que la Cour des comptes estime pourtant à près de 20 milliards d’euros. Au total, il prévoit 5,2 milliards d’euros d’économies sur les dépenses sociales, dont 4,2 milliards sur la santé qui ne serviront qu’à faire des chèques à ceux qui n’en ont pas besoin. Le PCF en appelle aux forces considérables qui existent dans le pays pour relever le défi d’une santé solidaire. Car la logique de détricotage, et parfois de dynamitage, qui est à l’oeuvre depuis des années, va être poussée plus loin encore sous le quinquennat de Macron. 

Même subvention pour les établissements
publics et privés commerciaux

Une réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement, et qui n’a pas été remise en cause par celui de Macron, a entraîné pour 2017 une baisse de 200 millions d’euros des dotations annuelles allouées aux maisons de retraite publiques, (source : Fédération hospitalière de France - FHF).
Cette réforme, qui s’applique depuis le 1er janvier 2017, fragilise l’accompagnement des 300 000 personnes âgées accueillies en maisons de retraite publiques, et oblige, selon la FHF de nombreuses structures à réduire leur personnel. Les personnes âgées vivant en maison de retraite publique (Ehpad) sont parmi les plus fragiles, de par leur état de santé, leur perte d’autonomie et leurs revenus modestes. Elles nécessitent un accompagnement humain important. Avec la réforme tarifaire, les conseils départementaux distribueront un budget dépendance moyen entre tous les Ehpad, sans prise en compte des disparités, regrette la FHF.
Ce nouveau mode de calcul implique une importante ponction de l’enveloppe destinée aux maisons de retraite publiques. Les 200 millions qui leur seront retirés sont redistribués aux autres établissements, sans exigence particulière. Selon la FHF, quasiment tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) publics (3 352 en France) sont affectés par la réforme au bénéfice des structures privés commerciales, où pourtant les tarifs demandés aux familles sont bien plus élevés. Dans l’Aube par exemple, l’Ehpad de La Roseraie à Bréviandes va perdre 50 000 euros de crédit.

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