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Romilly-sur-Seine - Usine “So fast, so good”

La mariée n’est pas aussi belle qu’annoncée

jeudi 28 septembre 2017 , 299 : visites , par Joë Triché

Pas moins de six articles pleine page, voire en une, pour annoncer la création de cette société sur le parc de l’ancien aérodrome. La rédaction locale du journal ne savait plus où donner de la tête pour chiffrer les créations d’emplois à venir.
50... 75... 150... 210 emplois ont fait les gros titres de leurs papiers. Il est vrai qu’Éric Vuillemin, maire de Romilly-sur-Seine et président de la Communauté de communes, n’y est pas allé par quatre chemins pour impressionner les esprits des romillons. Dans l’Est-Éclair du 17 mai, il affirmait que « ce projet [faisait] partie du Top 5 des plus gros projets industriels de l’année 2017 en France ». Ni plus, ni moins !

Des fonds publics en veux-tu, en voilà !
L’implantation de cette société, construite et financée par la Communauté de communes, a nécessité un apport de plusieurs millions d’euros ; au moins trois par la collectivité. Pour cela, elle a bénéficié de subventions de SNCF Développement, des conseils départemental et régional, de l’Europe, qui viendront réduire le coût du loyer qui sera demandé à cette société. Ajoutons-y que la formation des salariés a été financée par le Conseil régional, Pôle Emploi et le Greta. Chargée suppléante de la communication d’Éric Vuillemin, la presse locale n’a eu de cesse de “vendre” tout cela à la population, martelant à longueur d’articles que tout va bien à Romilly. Mais quand des salariés en formation chez So fast, so good se rendent à la rédaction pour l’informer de ce qu’il se passe réellement à l’intérieur de l’entreprise, pas une ligne... Motus et bouche cousue pour ne pas entacher la propagande de la mairie.

La production encore au point mort
Des personnes que nous avons rencontrées se sont confiées pour nous faire part de leur désarroi. Durant leur formation, on leur a fait miroiter, qu’au terme de cette dernière, ils décrocheraient le sésame : un CDI. Ils faisaient, en effet, partie des sélectionnés parmi les 800 personnes ayant soumis une candidature. Cela n’a pas été le cas pour une dizaine d’entre eux qui, la veille de la fin de leur formation, ont été renvoyés, alors qu’ils pouvaient encore bénéficier d’une période d’essai d’un mois renouvelable une fois. Concernant quatre d’entre eux, rendez-vous avait même été fixé pour la signature de leur CDI d’embauche. Alors que le début de la production, annoncé pour le 15 juillet, nécessitait à l’époque l’embauche de soixante employés ; cinquante aujourd’hui seraient nécessaires. Autre bémol, la production n’aurait toujours pas démarré ; les autorisations de commercialisation se faisant attendre et la mise en route des procédés de fabrication demandant un mois supplémentaire. Pour l’heure, si une dizaine de salariés ont commencé à travailler, les autres passent leur temps en salle de pause.

Un climat oppressant de menaces
Et que dire de la formation ? Certains ont été affectés... à du nettoyage. Ce qui pose la question du contrôle de ces formations par les financeurs. Bien pire encore, les personnes que nous avons rencontrées ont évoqué un climat, sciemment entretenu, de peur, de menaces et de reproches, où les individus sont considérés comme des pions pouvant être “virés” à tout moment. Une salariée l’a été pour avoir publié sur son facebook une photo la montrant en train de manger un gâteau d’anniversaire avec ses collègues (elle en avait même offert une part à la direction !). Un autre pour avoir gardé son portable dans sa poche. Un climat qui a conduit la DRH à quitter cette entreprise ; licenciement ou rupture conventionnelle ? On ne sait pas. Tout cela, ces salarié-e-s qui se sont vus promettre monts et merveilles n’ont pas voulu le garder pour eux. Ils considèrent, en effet, avoir été pendant plusieurs semaines de la main d’oeuvre gratuite, financée par les deniers publics. Ils avaient souhaité que la vérité soit rendue publique. Avec La Dépêche de l’Aube, c’est chose faite.

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