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Macron en Grèce

LES BIENS PUBLICS grecs PRIVATISéS : des “opportunités”

jeudi 14 septembre 2017 , 16 : visites , par LDA

En Grèce, la semaine dernière, Macron a incité les patrons français qui l’accompagnaient à saisir les “opportunités” que représentent les biens publics grecs voués à la privatisation.
Mémorandum après mémorandum, la Grèce a « consenti des sacrifices qui portent leurs fruits ». Paraît-il, car le premier ministre grec vient d’en convenir, les quelques timides signaux d’embellie économique n’ont pas encore été perçus jusqu’à présent par la majorité de grecs. En échange d’aides financières de la troïka (FMI, BCE, UE), Athènes s’est vue imposer plusieurs programmes de privatisations où, alléchés par l’odeur du profit, entre russes et chinois, les multinationales françaises et allemandes essaient de tirer les marrons du feu. Loin d’avoir produit les recettes annoncées, le dépecage à l’encan de la richesse collective nationale grecque, qui n’a comblé que les affairistes milliardaires, s’est surtout traduit pour le peuple grec par une perte de contrôle sur sa propre destinée et une totale soumission aux modèles imposés par les “investisseurs”. Dans le champ de ruines laissé en Grèce par sept années d’austérité, Emmanuel Macron, en visite la semaine dernière, a surtout vu des « opportunités » pour les patrons français.
En juillet 2015, le 3ème mémorandum d’austérité fixait un délirant objectif de privatisations. La Taiped, l’agence indépendante chargée de liquider les biens de l’État grec, est censée tirer 50 milliards d’euros de la vente d’actifs publics. Une véritable curée. L’an dernier, 67% du port du Pirée ont été bradés pour 368,5 millions au géant public chinois Cosco. En 2017, la Taiped table sur 2 milliards, dont 1,2 milliard par la cession de 14 aéroports régionaux à l’entreprise publique allemande Fraport. Chemins de fers aussi, vendus à l’italien Ferrovie della Stato.

Au nom de la... “souveraineté européenne” !
Macron, qui vient d’annoncer chez nous, des cessions imminentes pour dix milliards d’actifs publics au privé, se félicite des privatisations en Grèce au nom de la « souveraineté européenne », notamment celle du port de Thessalonique où un fonds allemand, associé à un groupe grec et au français CMA-CGM (Compagnie maritime d’affrètement-Compagnie générale maritime) est sur les rangs. En juin, Athènes autorisait Total, associé à d’autres compagnies, à procéder à des forages d’exploration pétrolière et gazière au large de la Crète. Et d’autres biens publics grecs en solde intéressent les patrons français. Suez lorgne sur les entreprises d’eau d’Athènes et de Thessalonique. Le démantèlement annoncé de l’opérateur public grec d’électricité, DEI, intéresse Engie dont, par une pure coincidence, le Pdg Gérard Mestrallet était de la délégation d’une quarantaine de patrons accompagnant Macron. Le président français les a invités à prendre leur part du gâteau grec. Loin des « fainéants », des « cyniques » et des extrémistes de France, les patrons français pourront profiter en Grèce de salaires amputés d’un tiers, de « traitements fiscaux préférentiels » et d’un environnement juridique sans risques : dès 2012, sur ordres des créanciers, le droit du travail était aboli. Si, comme on s’en félicite dans les cénacles, les inverstisseurs commencent à revenir en Grèce, ce n’est pas pour soulager la population grecque, dont 20% ne peuvent plus payer les médicaments et un quart rogne sur le nécessaire pour pouvoir se soigner.

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