“Nous vivons une période où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux.” Pierre Laurent

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MÉMOIRE

Commémorations

jeudi 24 août 2017 , 209 : visites

En cette fin du mois d’août, on a commémoré les massacres de Creney (le 22) et de Buchères (le 24). Deux crimes de guerre impunis puisque des recherches n’ont pas été sérieusement entreprises à l’époque.
Dimanche 20 août a eu lieu la première commémoration sur la tombe d’Hubert Jeanson à Baudement, suivie le 22 par la cérémonie de Romilly- sur-Seine et le 27 par celle de Creney. D’autres cérémonies eurent lieu tant le souvenir des exactions nazies demeurent vivace dans tout le département, celle du maquis de Mussy-Grancey restant la plus importante. À Baudement, la municipalité était présente cette année, avec Mme Danielle Berthier, maire, des conseillers et des habitants du village ainsi que Ginette Collot de l’ANACR et Christian Barthélémy de la FNDIRP. « Tous, vous montrez votre volonté de conserver au passé sa force régénératrice et la nécessité de faire vivre le souvenir de ceux qui sont morts pour nos libertés. C’est ensemble que nous réussirons le mieux » a dit Jean Lefèvre, organisateur de cette cérémonie et président de l’ADIRP de l’Aube, sur la tombe de son oncle. C’est Maurice Camuset qui l’avait initiée après la guerre.
« Nous nous étions déjà réunis l’an dernier pour ce 22 août, date terrible dans le martyrologe de la Résistance, où 49 patriotes furent extraits de la prison Hennequin et massacrés sur le champ de tir de Creney. Massacrés, faut-il le rappeler, par la Gestapo de Rennes venue remplacer celle de Troyes en fuite, mais une Gestapo constituée aussi de Français ; des Bretons du groupe fasciste Bezen Perrot. Une historienne bretonne, Françoise Morvan, est venue l’an dernier à Troyes parler de ces assassins dont la spécialité était l’arrachage des ongles à la tenaille et la couture des lèvres au fil de fer. Ils étaient sept à accompagner la Gestapo du colonel Pulmer, et plus j’étudie ces faits grâce aux documents récemment ouverts, plus je me dis que les seuls vrais assassins étaient ces Bretons qui se faisaient une gloire de ne pas parler français, langue de la république et de ne jargonner qu’allemand et breton. Aucun de ces assassins n’a été puni pour ce crime honteux commis à Creney. Certains même ont fui et n’ont pas été retrouvés. Pire, quelques uns se sont recyclés en Bretagne dans des mouvements nationalistes avec une innocente façade indépendantiste. » Toujours soucieux de pédagogie, Jean Lefèvre a tenu à tirer les leçons de l’histoire en montrant l’originalité de la Résistance et les raisons de son combat.
Que dire en conclusion qui serve à nos jeunes pour leur faire aimer leur patrie dans sa richesse et sa complexité ? La Résistance a été un mouvement original qui n’a pas eu d’équivalent dans l’histoire. Il fut constitué de volontaires, soldats illégaux, traqués par leur propre pays avec, à la clé, l’arrestation, la torture, la mort ou la déportation. Les historiens ont analysé les raisons profondes de leur engagement. Il y en avait deux principales : le refus de l’occupation par les Allemands, qu’on détestait depuis 1870 puis 1914, sur laquelle détestation s’est ajoutée l’anti-fascisme. La deuxième raison était plus républicaine, on entrait en résistance pour retrouver les libertés perdues, les droits sociaux acquis en 1936. C’est pourquoi les deux piliers de la Résistance furent le patriotisme et la démocratie. Il ne faut jamais séparer les deux. Le message essentiel est qu’ils se battaient pour une société plus juste et plus humaine, même si certains n’en avaient pas conscience, et qu’ils le faisaient pour tous, pour nous tous, les vivants d’aujourd’hui et les vivants de demain, tous, même pour ceux qui ne s’engageaient pas. Dans la ballade de celui qui chanta dans les supplices, le poète Aragon exprime parfaitement cette idée. Il dit, à propos des fusillés qui chantaient la Marseillaise sous les balles : « Une autre chanson française / À leurs lèvres est montée / Finissant la Marseillaise / Pour toute l’humanité. »
La cérémonie a en outre permis de rendre hommage à Jacques Parent, enfant de Baudement, mort en déportation à Ravensbrück et dont l’existence a été dévoilée l’an dernier. De même, d’autres Résistants de la Cie France, nés dans ce même village, furent honorés : André Ben Ahmed, René Cornélis, Roger Vachez, Fernand Buffet ; tous fusillés à Creney, Lucien Bonnot, fusillé à Châlons et Georges Mamoutov, tué au maquis de Saint-Mards.

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