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Travail “dissimulé”

Coût des “combines” patronales : 7,4 milliards

jeudi 3 août 2017 , 207 : visites , par Rémi

Entre 2012 et 2015, le travail “disimulé” aurait touché 8,6% des français. Selon l’Urssaf, 7% des entreprises auraient recours à cette méthode. 555 millions d’euros de redressements en 2016 pour un manque à gagner estimé à 7,4 milliards.
Il y a la fraude fiscale, dont les 60 milliards d’euros annuels ne sont probablement que la partie émergée de l’iceberg. Mais il y a aussi, beaucoup moins sous les projecteurs médiatiques, le “travail au noir”, qui représenterait un manque à gagner dans les caisses de l’Urssaf de 7 milliards et, évaluent des spécialistes, de 20 milliards d’euros, toutes caisses confondues. En 2016, l’Accos (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) a annoncé avoir remis la main sur 555 millions, 20% de plus qu’en 2015, mais on est encore loin du compte. Les patrons, pris en faute, invoquent « la lourdeur des formalités administratives » et leur souci de « rendre service aux salariés  ». Hypocrites !
Les combinards
Le 12 juin dernier, une opération de contrôle était effectuée en Île-de-France sur une aire de repos d’autoroute : sur les 36 transporteurs contrôlés, 21 infractions différentes ont été relevées. Respecter la loi équivaudrait à créer 40 000 emplois dans le transport routier. Si le secteur du BTP détient le pompon du travail au noir (51%), tous sont concernés. L’ingéniosité des “combinards” est de plus en plus sophistiquée. Ainsi, la création de sociétés temporaires avec des capitaux basés à l’étranger, utilisation de la directive des travailleurs détachés pour faire l’impasse sur le paiement des cotisations sociales, sous-traitances en cascades, comme cela a été constaté récemment sur le chantier de la réhabilitation de la Maison de la Radio à Paris (67 personnes concernées), recours massifs à des “prestataires”, etc. La panoplie patronale pour s’immiscer dans toutes les failles de la loi et pour la contourner est étendue. Quand la législation n’encourage pas elle-même ces pratiques, à l’image de la fameuse directive européenne de 1996 sur les travailleurs détachés. En 2015, on estimait à 210 000 le nombre d’employés détachés illégalement en France.
10,8% du PIB de la France
Avec leurs ordonnances, Macron et Pénicaudla- Bourse vont encore faciliter tout cela. Et ils useront des trésors de tartufferie pour prétendre le contraire, revêtus du cache-sexe d’une mesurette de la loi El Khomri entrée en application le 1er juillet. En 2014, le CESE (Conseil économique, social et environnemental) évaluait à 10,8% du PIB (produit intérieur brut) de la France le coût de « l’économie non déclarée » et le rapporteur d’une étude estimait que « l’importance de l’économie non déclarée jette une lumière peu avenante sur le consensus social  : quête du profit à tout prix, refus de participer au redressement des comptes publics, refus de prendre sa part dans le financement de droits acquis à tous.  » Inutile de préciser que tous les gros poissons ne se font aucune violence pour mordre à des appâts qui leur permettent de grossir leurs profits. Bouygues à Flamanville, Vinci au métro Châtelet à Paris, Ryanair... la liste des requins ferrés ici ou là est longue.

Ce sujet montre, une fois de plus, qu’il n’y a de “dette publique”, non pas parce que nous vivrions « au-dessus de nos moyens », mais parce que des sommes considérables (1/10ème du PIB pour le travail dissimulé) ne vont pas où elles devraient aller : dans les caisses publiques. Et pendant que nous sommes des millions à devoir nous serrer la ceinture, quelques affairistes sans foi ni loi caracolent sur le haut du pavé. estimé à 7,4 milliards.

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