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Perturbateurs endocriniens

Ne pas nuire à la santé des magnats de la chimie

jeudi 20 juillet 2017 , 213 : visites , par Rémi

Le 4 juillet, l’État français macronien s’est rallié à un texte européen pour le moins “fumeux” sur les perturbateurs endocriniens, produits hautement toxiques dont nous arrosent, à notre insu, les consortiums de l’industrie chimique

Volte-face de la France, le 4 juillet, à la Commission européenne sur un texte qui devait définir les perturbateurs endocriniens, préalable  si l’UE le souhaite ! - à une réglementation, voire des interdictions ultérieures. Le moins que l’on puisse dire est que la rédaction fumeuse de la Commission, laisse encore de beaux jours à l’industrie chimique pour continuer faire des profits en nous empoisonnant. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le ministre chargé des questions d’écologie y voit « une avancée considérable », alors que la Fondation Nicolas Hulot évoque, de son côté, « une définition au goût amer », et appelle, avec d’autres ONG, le Parlement européen à rejeter cette rédaction.

3 514 t./an de pesticides achetés dans l’Aube
Dans le pas de deux entre le pouvoir et le ministre de la transition écologique et solidaire, viennent d’être publiées « au nom de l’information au public », deux listes de plusieurs centaines de produits qui contiennent de telles substances, essentiellement des pesticides, et Nicolas Hulot a annoncé que des « mesures nationales seront accélérées ». Un sujet sensible car l’année dernière, une enquête revélait que notre département est le plus gros acheteur du pays de pesticides dangereux  : plus de 3 500 tonnes par an. Une bien mauvaise façon de se distinguer. Pour les scientifiques du monde entier, il n’y a plus place pour le doute. Il existe un lien entre des maladies comme les cancers infantiles (en augmentation de 1% par an en France), ou les anomalies de naissance comme les troubles hormonaux ou l’autisme... et l’exposition à de tels produits chimiques. Présents dans les pesticides et dans de nombreux autres produits (cosmétiques, peintures, médicaments, plastiques, etc.), les perturbateurs endocriniens dérèglent le fonctionnement hormonal, nuisant à la santé et à la reproduction, y compris à de faibles niveaux d’exposition.

Une “Europe qui protège” : mais qui ?
Mais les ONG restent sur leur faim avec la publication du ministère, qu’elles jugent « trop restreinte » tout en ayant le mérite de montrer qu’il existe sur le marché une pléthore de produits dont la composition mériterait qu’on y regarde d’un peu plus près. Ce que redoutent bien sûr leurs fabricants qui, pour entraver une simple démarche citoyenne d’information, se livrent à un intense lobbying. Potentiellement les plus concernés, les géants allemands BASF et Bayer, et le groupe suisse Syngenta, racheté à 95% par le chinois ChemChina pour 37,5 milliards d’euros, en avril dernier, après un mariage manqué avec Monsanto. Ce dernier s’étant vite consolé ; le mois dernier, était officiellement lancé l’examen d’une fusion Bayer-Monsanto. Autant dire que, dans ces épousailles consanguines entre géants mondiaux de la chimie, la la santé des utilisateurs de leurs produits ne pèse pas lourd. À l’opposé, le message de Macron sur cette question est lourd de sens. Alors que Ségolène Royal s’était montrée, à juste raison, intransigeante, le nouveau chef de l’État, qui s’était posé en champion de l’« Europe qui protège », a baissé pavillon devant les intérêts des magnats de l’industrie chimique. Le PCF appelle à développer des actions avec toutes celles et tous ceux qui se mobilisent afin de protéger notre santé à tous des dangers avérés des perturbateurs endocriniens.


Les pressions des grands groupes de l’industrie chimique et
financiers prennent le pas sur l’intérêt général des populations.

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