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Conférence des territoires

Macron purge les collectivités et services publics

jeudi 20 juillet 2017 , 229 : visites

Le gouvernement “demande” aux collectivités locales de baisser leurs dépenses de 13 milliards d’euros sur cinq ans, et non de 10 milliards, comme initialement annoncé par Emmanuel Macron. Aux collectivités de choisir entre l’auto-flagellation... ou la trique !

L’art de dire une chose et de faire l’inverse. Lors de la conférence nationale des territoires, Emmanuel Macron a annoncé qu’il n’y aura pas de baisse de la DGF (dotation générale de fonctionnement) pour les collectivités locales en 2018, mais les “appelle” à réduire leurs dépenses de 13 milliards sur le quinquennat. Drôle de démarche. Il s’est souvenu qu’il s’était fait huer, pendant la campagne de la présidentielle, par l’Asssociation des maires de France (AMF) après avoir préconisé une purge de 10 milliards dans le budget des collectivités, couplée à une suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages.
Changement donc de “tactique” : « ce qui va changer, c’est la méthode : on ne va pas baisser de façon unilatérale les dotations. Mais je vous demanderai un effort, une baisse des dépenses de fonctionnement », a-t-il déclaré lundi au Sénat. Et voilà comment ce qui est brutal devient plus doux. On n’impose pas aux collectivités, on leur demande... tout en alourdissant l’addition de trois petits milliards d’euros, remisant par la même occasion une promesse de campagne déjà peu reluisante. Rien ne sera donc « contraint » et prend la forme d’un « pari » du gouvernement que les acteurs locaux sont invités à lui faire gagner. Mais attention les mauvaises têtes et les récalcitrants ! La liberté accordée aura ses limites : « Pour celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, il y aura un mécanisme de correction l’année suivante. » En somme, ceux qui ne feront pas honneur à la magnanimité présidentielle, résultats à l’appui, se verront imposer les efforts demandés. Retour à la case départ.
“Tout cela, c’est un peu coupez-vous les mains vous-mêmes.”

Ainsi Christian Favier, sénateur communiste et président du Conseil départemental du Val-de-Marne, résume-t-il l’annonce de Macron, et s’inquiète aussi de l’ampleur des coupes à s’auto-infliger : « Les collectivités ont déjà très largement réduit leurs dépenses, avec 11,5 milliards de réduction de la DGF sous François Hollande. Cette poursuite de l’austérité aura des impacts très négatifs. Les collectivités n’ont plus aucune marge de manoeuvre, si ce n’est de remettre en cause les services auprès des populations, ce qui n’est pas souhaitable. » Pour s’assurer de l’application de l’auto-flagellation demandée, Emmanuel Macron a sorti une carotte : une enveloppe de 10 milliards d’euros d’aide à l’investissement pour les collectivités dociles (soumises ?). En bon bonapartiste, il a aussi souhaité que les préfets disposent « d’un pouvoir d’adaptation locale des réglements » et annoncé, comme pour les parlementaires, une réduction du nombre des élus locaux. « Les élus locaux qui dans leur immense majorité sont des élus bénévoles [...] qui consacrent du temps à l’action publique et à l’intérêt général sont, je crois, un maillage démocratique extrêmement utile au pays » a, pour sa part, réagi le sénateur communiste, Pierre Laurent. Lors de cette conférence des territoires, Macron a donc soufflé le chaud et le froid pour, au final, laisser le pays glacé dans l’hiver de l’austérité et du chacun pour soi.

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