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Reprendre l’offensive face au FN.

La finance n’a rien à craindre de le Pen

jeudi 16 mars 2017 , 128 : visites

Co-auteur du livre “20 répliques” au FN et à la droite, Alain Hayot invite à reprendre l’offensive face au FN.

Votre livre dénonce l’imposture du FN, quels en sont les principaux ressorts ?
Alain Hayot : Cette imposture se lit à plusieurs niveaux. Le Front national prétend parler au nom du peuple et les grands médias d’information relaient en permanence cette image, plutôt que de rétablir une vérité pourtant élémentaire : on ne peut pas prétendre parler au nom des travailleurs en les dressant les uns contre les autres. Et Marine Le Pen ne s’emploie qu’à cela. Les Français contre les immigrés, les salariés du privé contre ceux du public, les actifs contre les chômeurs, les travailleurs contre les soi-disant « assistés »… Tout est bon chez elle pour diviser, empêcher les combats communs. Quand elle se réclame de la laïcité ou du féminisme, par exemple, ce ne sont pour elle que des prétextes pour s’en prendre aux musulmans et développer son racisme obsessionnel.
Le FN prétend également s’attaquer à la finance, ce qui lui vaut d’être comparé au projet de la gauche alternative. Que cache ce discours ?
A. H. :Mais quelles mesures propose le FN pour partager les richesses ? Pour prendre le pouvoir sur la finance ? Ces questions sont sans réponse. À l’inverse, il ne veut pas entendre parler d’augmentation du Smic et des salaires, préconise lui aussi la baisse des « charges sociales » des entreprises et des dépenses publiques, la fin des 35 heures et l’assouplissement du Code du travail. Ce que propose Marine Le Pen pousse plus loin la logique de la droite et des libéraux. Sait-on qu’elle préconise la règle d’or - d’inspiration européenne ! - pour atteindre un budget en équilibre à la fin de son mandat en éradiquant la dette contre les services publics ? Elle veut même l’inscrire dans la Constitution comme la préférence nationale. Elle s’en prend sans cesse aux syndicats et souhaite un retour aux organisations corporatistes. Tout cela au bénéfice de qui ? Du peuple ou des intérêts privés ? Poser la question, c’est déjà y répondre.
Son projet sur l’Europe se pare des mêmes vertus de rupture avec les logiques actuelles…
A. H.  : Le Front national veut sortir de l’euro, et de l’Union européenne plutôt que de la refonder. On voit ce que cela signifie avec le Brexit : une relance de la concurrence entre les peuples, du dumping social, fiscal et environnemental ! Et une soumission de la France au modèle de Marine Le Pen, celui de Trump avec son « Amérique d’abord ! ». En fait, la candidate d’extrême droite ne remet pas en cause le capitalisme, elle souhaite qu’il s’épanouisse à l’échelle nationale. Le monde de la finance n’a rien à craindre du projet de Marine Le Pen.
Le piège du vote utile face à l’extrême droite, longtemps utilisé par le PS pour imposer son hégémonie, ne risque-t-il pas pourtant de se refermer sur la gauche avec le vote Macron ?
A. H. : On assiste en effet, depuis quelques jours, à une campagne médiatique, politique et sondagière destinée à faire du vote Macron un vote utile contre Marine Le Pen. Il faut mettre en garde, c’est précisément parce que nos concitoyens n’ont plus vu de différence entre la droite et la gauche, parce qu’on leur a seriné l’idée qu’il n’y avait pas d’autre politique possible que celle imposée par la troïka européenne et les marchés financiers qu’une partie d’entre eux se tourne vers le FN. Or, Macron, candidat libéral ouvertement soutenu par la finance mondiale, rejoint par des personnalités venues à la fois de la droite et de la gauche, représente la quintessence de ce que les lepénistes nomment l’UMPS et dont ils ont fait leur fonds de commerce. Seule une authentique politique de gauche, sociale, écologique et citoyenne, peut s’opposer efficacement à la vague populiste. L’exemple américain est là pour nous alerter.

Alain Hayot

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