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Santé - Alimentation

Bien manger au prix juste, c’est possible !

jeudi 2 mars 2017 , 215 : visites

Le Salon de l’agriculture a ouvert ses portes jusqu’au 5 mars à Paris. Le débat sur la qualité de l’alimentation, qui va de pair avec la crise agricole, s’est mené à la marge. Pourtant, la fracture alimentaire se creuse.

Événement populaire, chaque année le Salon de l’agriculture fait étalage des “bons produits du terroir”. Pourtant, les promoteurs d’alternatives agricoles et alimentaires peinent à se faire entendre au milieu des grands groupes de l’alimentation industrielle, omniprésents porte de Versailles. La “malbouffe” occupe le terrain, quand bien même l’urgence frappe à la porte. Car au-delà de la crise agricole, plus prégnante que jamais, les enjeux alimentaires s’invitent de plus en plus fortement dans le débat. L’alimentation est devenue un marqueur social des inégalités. Son industrialisation, menée dans les années 1960 sous couvert de répondre à la demande démographique, nous offre aujourd’hui un paysage dévasté par les grandes cultures.
Les pauvres premières victimes

C’est aussi une offre alimentaire dans laquelle le gras, le sucre et le sel, essaient de faire oublier l’absence de goût, de nutriments, de vitamines. Résultat, les pathologies directement liées à ce régime frelaté explosent. En France, près de la moitié de la population est considérée en surpoids ou obèse, selon l’enquête nationale Obépi. L’Observatoire des inégalités précise que ce problème de santé publique est deux fois plus répandu dans les catégories les moins favorisées. Victimes de la “malbouffe”, les ménages pauvres sont aussi 2,3 fois plus malades ; de diabète notamment, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dit qu’il est devenu « un des principaux tueurs dans le monde ». Alors que se nourrir est à la base de la vie, manger tue plus que le tabac et l’alcool réunis, d’après des experts britanniques. « Une nourriture différenciée entre riches et pauvres a toujours existé. Le problème de notre époque contemporaine, c’est que les riches ont organisé le contrôle de la nourriture des pauvres en produisant pour eux des aliments bas de gamme et dangereux », observe Gilles Fumey, enseignant- chercheur à l’université de la Sorbonne.


Choix politiques libéraux

Dans notre pays, dix mille agriculteurs quittent leur métier chaque année. Un tiers d’entre eux touche moins de 350 euros par mois. Nos producteurs ne sont pas les victimes de fluctuations conjoncturelles des prix, mais d’une crise profonde et durable, conséquence des choix politiques libéraux au niveau de l’Union européenne. Il faut au contraire organiser les productions agricoles et alimentaires par une agronomie respectueuse des sols et des ressources naturelles, et des productions vertueuses... Reste qu’il est souvent pensé que bien se nourrir coûterait cher, une idée à laquelle Claude Gruffat, le président d’une coopérative de distribution (Bioccop), fait un sort : « Le prix conventionnel n’est pas un prix juste » avertit-il, tout d’abord, parce qu’il ne rémunère pas le travail paysan, dont le revenu moyen a une nouvelle fois chuté de 26,1% en moyenne l’an dernier, selon l’Insee, ensuite parce qu’il « reporte sur les contribuables la facture des externalités négatives de production. Cultiver des céréales à coups de pesticides et d’engrais pollue les sols et les nappes phréatiques. Nos impôts doivent financer ensuite la dépollution de l’eau. » La solution ? « Porter collectivement une grande politique agricole et alimentaire, en France comme en Europe », a estimé dans une récente tribune le député communiste André Chassaigne.

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