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La grande évasion... fiscale

Quand Juncker rime avec tricheur et menteur

jeudi 5 janvier 2017 , 338 : visites , par Rémi

De nouvelles révélations, après celles de LuxLeaks, sur les arrangements fiscaux pratiqués par le Luxembourg, remettent Jean-Claude Juncker sur la sellette. Du « réchauffé » pour la Commission européenne. Du moisi serait plus juste.

Dans la lutte contre l’évasion fiscale au sein de l’Union européenne, Jean-Claude Juncker est un gros problème, pas la solution

Le ver serait donc bien dans le fruit. En 2014, lors du scandale LuxLeaks, avec ces centaines d’accords de rescrits fiscaux conclus entre le Grand-Duché et certaines multinationales, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, avait opté pour la bonne vieille technique de défense du « responsable mais pas coupable ». Ministre des finances et premier ministre du Luxembourg entre 1995 et 2013, il a toujours plaidé l’ignorance face à cette gigantesque machinerie de dumping fiscal qui permet aux multinationales de réduire au strict minimum les impôts payés en Europe. De nouvelles révélations viennent de découdre un peu plus le costume de héraut du combat contre l’évasion fiscale dont il s’est affublé.

Juncker, le pied sur le frein
Selon une enquête du journal britannique The Guardian et du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), basée sur des notes diplomatiques allemandes, Jean- Claude Juncker aurait freiné la lutte contre l’évasion fiscale des multinationales alors qu’il était premier ministre du Luxembourg. Il aurait ralenti, et même bloqué, les travaux du groupe Primarolo, créé en 1998 par le Conseil de l’Europe, pour endiguer ce phénomène. Le journal britannique cite trois propositions qui ont ainsi été “retoquées” dans le passé par le Grand-Duché : celle pour les autorités fiscales des états membres de soumettre leurs accords avec les multinationales à un examen par leurs pairs ; celle aussi de lancer une enquête sur les prêts hybrides (très utilisés dans les schémas d’évasion fiscale) ; et enfin celle d’accroître l’échange d’informations sur les accords fiscaux conclus en privé avec les multinationales. Cette obstination luxembourgeoise à entretenir le dumping fiscal au coeur même de la construction européenne ne constitue aucunement une surprise au regard de la richesse faramineuse du Luxembourg.

 



“Le parrain du dumping fiscal”
Toutes affaires cessantes, le grec Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne, a rallumé les contre-feux pour défendre Juncker, et prétendu qu’il s’agissait là d’un « réchauffé » de « soupe froide », laissant ainsi entendre à son insu, qu’en “hauts lieux”, on connaissait l’existence de la « soupe froide ». Avec les Juncker, Barroso et autres, il apparaît de plus en plus patent que les milieux affairistes et financiers internationaux ont fait main basse sur les différents lieux de pouvoir en Europe où ils cuisinent leur sale tambouille. Jean-Claude Juncker a menti en se refugiant derrière les voiles d’opacité de l’institution européenne, qui ont permis de taire plusieurs années aux citoyens une information connue des « milieux diplomatiques ». Pour, Fabio de Masi, le vice-président (GUE-GVN) du comité d’enquête sur le blanchiment, l’optimisation et l’évasion fiscale au Parlement de Strasbourg, « il est absurde que des millions d’européens qui ont enduré les politiques d’austérité se retrouvent maintenant avec le parrain du dumping fiscal à la tête de la Commission européenne. » Et ce ne sont pas les mesurettes prises ces derniers temps par l’UE en la matière (une des priorités du président, prétend sans sourciller Margaritis Schinas), qui redoreront une crédibilité déjà très faible aux yeux des citoyens européens.

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