“Nous vivons une période où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux.” Pierre Laurent

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15 décembre 2016
L'Humeur
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Élections présidentielle et législatives

“Le parti communiste va mettre dans la campagne ce qu’il a de meilleur”

jeudi 15 décembre 2016 , 376 : visites

Le secrétaire national du PCF appelle à “porter le plus haut possible le score de Jean-Luc Mélenchon et de nos candidats aux législatives” pour une politique de progrès social, “seule voie pour redresser le pays”. Extraits.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR JULIA HAMLAOUI POUR L’HUMANITÉ


Manuel Valls, désormais candidat à la primaire du PS, estime, après avoir divisé la gauche, qu’il faut la rassembler. Le combat face à la droite et à l’extrême droite peut-il justifier cette union ?
Pierre Laurent : Manuel Valls prend les Français pour des imbéciles. Son discours de candidature d’Évry est point par point le contraire de la politique qu’il a menée comme premier ministre. En vérité, il n’a pas changé. Il tente seulement, comme Macron, de reprendre le flambeau après le renoncement de François Hollande. Mais qui peut oublier que c’est la politique qu’ils ont conduite ensemble qui l’empêche de se représenter. Ce désaveu terrible jette les forces socialistes dans un grand désarroi et une division maximale. Valls et Macron ont été les deux inspirateurs du quinquennat, imposant par le 49-3 la loi Macron pour l’un, la loi El Khomri pour l’autre. Leur candidature est une impasse. La seule manière de faire face à la droite et à l’extrême droite, c’est de rassembler les Français sur un nouveau projet de gauche, de progrès social, de redressement national et de transformation de l’Europe. C’est ce projet que nous entendons porter dans la présidentielle.
Le PCF a décidé d’appeler à voter pour Jean- Luc Mélenchon tout en menant une campagne autonome. En quoi consistera-t-elle ?
Pierre Laurent  : Autonome, ça signifie offensive et libre. Le PCF va mettre au service de cette campagne tout ce qu’il a de meilleur : ses idées et son projet, sa proximité avec les citoyens dans de très nombreux territoires et l’expérience de ses élus, sa capacité à rassembler des forces citoyennes, sociales et politiques très larges à gauche. Notre fil conducteur, c’est de montrer aux Français que, contrairement à ce qu’on leur raconte tous les jours, une politique de progrès social est non seulement possible, mais qu’elle est la seule voie pour redresser le pays. C’est au débat de projets que nous appelons. Prenons l’exemple des “frères Bocquet”, comme on les appelle. Ces deux parlementaires communistes, avec leur livre, Sans domicile fisc, parcourent la France pour démontrer qu’on peut récupérer 80 milliards d’euros qui échappent chaque année à l’impôt à cause de l’évasion fiscale. C’est l’équivalent du déficit budgétaire annuel de la France, ou de ce qu’il faut pour augmenter le Smic à 1 700 euros et remettre à niveau l’ensemble des grilles de salaires. Cet argent existe, mais il est confisqué par les multinationales. C’est sur ces solutions que nous rassemblerons pour porter le plus haut possible le score de Jean-Luc Mélenchon et de nos candidats aux législatives
Face à François Fillon et à Marine Le Pen, quel message entendez-vous envoyer ?

Pierre Laurent : Chacun vient de prendre conscience que le programme de François Fillon serait un véritable massacre social, et signerait probablement la fin de la Sécurité sociale avec la généralisation des assurances privées inégalitaires. François Fillon veut imposer une société très brutale de la façon la plus autoritaire qui soit, en gouvernant par ordonnances. Mais il n’est pas le seul danger. Marine Le Pen veut se présenter comme la candidate qui protégerait les Français contre l’ultralibéralisme de François Fillon. C’est une imposture quand on sait qu’elle porte au pinacle le multimilliardaire Donald Trump. En réalité, son programme est du même acabit. Derrière le verbiage antisystème, c’est toujours la dénonciation du pauvre, du chômeur, de l’assisté, de l’immigré, mais jamais du vrai responsable de la crise, le pouvoir financier. Seul notre programme s’attaque aux vrais profiteurs du système capitaliste.
Des candidats du PCF et de la France insoumise risquent-ils de s’affronter aux législatives ?

Pierre Laurent
 : Je ne le souhaite pas. La bataille législative est centrale. Le Parti communiste y prendra toutes ses responsabilités car les menaces sont grandes sur la représentation de millions d’électeurs de gauche. Arrêtons les fanfaronnades. Présenter 577 candidatures capables de rassembler, ça ne se décrète pas à Paris. C’est une bataille difficile. C’est pourquoi le Parti communiste, qui a la force, l’expérience et la présence territoriale pour le faire, doit, le plus vite possible, travailler avec esprit de rassemblement et d’ouverture dans chaque circonscription à présenter ou soutenir une candidature dès le début de l’année. Dans les circonscriptions où la France Insoumise souhaite présenter des candidats et, soyons sérieux, ce ne sera pas dans les 577, nous devons discuter pour éviter la dispersion. D’autant que, dans beaucoup de circonscriptions, la droite et le Front national menacent de faire une OPA sur l’élection. La règle est maintenant claire. Après le vote des communistes et les décisions d’autres forces issues du Front de gauche, comme Ensemble !, ces candidatures, si elles sont communes, ne seront pas inscrites dans le seul cadre de la France Insoumise. Ne perdons donc pas de temps avec des faux débats. Alors que les projecteurs seront braqués sur la présidentielle, vous voulez traiter à égalité les législatives. N’est-ce pas peine perdue ?
Pierre Laurent  : C’est au contraire essentiel. C’est le régime de notre démocratie qui est en jeu. La présidentialisation du régime a pour objectif de vider la démocratie de sa substance. Il y a un danger majeur. Regardez comment Fillon veut gouverner par ordonnances. Le Parlement est un lieu essentiel de la souveraineté démocratique. Nous ne pouvons pas espérer contrecarrer le projet des forces du capital uniquement par la bataille présidentielle. Avec les luttes sociales, les deux échéances forment pour nous un tout pour changer les rapports de forces. Il est nécessaire d’y porter de manière cohérente les mêmes axes de propositions. C’est pourquoi j’appelle nos candidats aux élections législatives à entrer en campagne dès le mois de janvier pour faire de l’indispensable révolution démocratique une question centrale.

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