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14 - 18 : guerre à la guerre !

Les poilus de Polisot

jeudi 15 décembre 2016 , 357 : visites , par Jean Lefevre

Jacques Marchal, ancien maire de Polisot, s’inquiétait depuis longtemps que les noms figurant sur les monuments aux morts de la Grande Guerre « ne soient plus que des noms…et donc oubliés ».
« Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit/Déjà vous n’êtes plus qu’un nom d’or sur nos places/Déjà le souvenir de vos amours s’efface/ Déjà vous n’êtes plus que pour avoir vécu », écrivait Aragon qui avait connu l’horreur de cette guerre.
Jacques Marchal a donc décidé de redonner vie à ces oubliés, à les réhabiliter en quelque sorte, leur donner chair( [1]). Voilà une vraie commémoration dont l’exemple pourrait être suivi partout. Mais c’est un travail de galérien, « une pierre posée à la mémoire de nos morts pour la France », dit-il simplement. Il a donc, pour chacune des seize victimes dont le nom figure sur le monument de Polisot, effectué des recherches précises, longues et même intimes, les unes fort productives, les autres plus modestes car les sources se sont taries. Il a pu retrouver des lettres.
Jacques est allé fouiller dans l’état-civil de la commune, tâche facile pour un ancien maire, mais nécessaire pour connaître la famille du disparu, le métier des parents, l’état-civil du soldat et donc son niveau de vie. Cinq seulement de ces poilus sont mariés, tous ou presque sont des gens modestes.( [2])
Plus difficile est d’accéder à leur passé militaire, leur bataillon, leur carrière et les circonstances de la mort. Trois sont disparus. Et Jacques d’enfiler les routes de l’Est et du Nord pour enquêter, photographier les lieux des combats, les plaques, les tombes quand il y en a, les monuments et les ossuaires. Il rapporte ainsi des documents aux familles quand elles existent encore. Mais en général ce sont des documents par contumace ! La commune en profitera où de lointains descendants. Ils se féliciteront de ce maire instituteur, sensible aux souffrances anciennes des leurs. D’ailleurs Jacques Marchal sait à quoi s’en tenir sur cette maudite guerre de 14 que Brassens « préférait » chanter pour mieux la fustiger. Il conclut en effet son travail par la chanson de Craonne qui fut retrouvée par Raymond Lefebvre et Paul Vailland-Couturier, tous deux communistes et pacifistes. Une chanson contemporaine des mutineries de 1917 et de la révolution bolchevique. Une gravure absolument émouvante conclut l’ouvrage : une tombe, agenouillées, une veuve et une petite fille qui demande à sa mère : « Maman, papa sait-il qu’on est vainqueurs ? »

Notes

[1Hommage aux morts pour la France - Commune de Polisot. Jacques Marchal - 2016.

[25 ouvriers agricoles et domestique, 2 modestes pépiniéristes, un vigneron, un employé SNCF, un lieutenant, le fils du maire.

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