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Romilly-sur-Seine : matraquage fiscal, remise en cause des services publics locaux…

Pas question de laisser faire !

mercredi 30 novembre 2016 , 191 : visites , par LDA

En cette fin d’année, les romillons ne sont pas à la fête. Les mauvais coups pleuvent sur les habitants et les acteurs de la vie locale. Après le drame que représente la fermeture de l’activité industrielle d’entretien et de réparation des trains au Technicentre SNCF et la perte importante d’emplois qualifiés que cela représente, il y a les dysfonctionnements de La Poste et de la ligne SNCF.
Les services rendus sont de plus en plus dégradés. Au plan local, ce sont les baisses de subventions à la vie associative, l’augmentation des tarifs et, maintenant, c’est l’heure de payer la très forte augmentation des taxes d’habitation et foncière. Lors de l’adoption de ces mesures proposées par Éric Vuillemin et votées par sa majorité de droite, les élus communistes et partenaires s’y étaient opposé et avaient dénoncé la volonté du maire de « faire les poches des romillons ». Aujourd’hui, ils sont à l’initiative d’actions pour mettre un coup d’arrêt à cette fuite en avant qui accable toujours plus ceux qui ont le moins. À la veille de conseils municipaux importants, Pierre Mathieu, conseiller municipal de Romilly, répond à nos questions.
La Dépêche de l’Aube : Il semble y avoir un véritable mécontentement concernant l’augmentation des impôts locaux. Pierre Mathieu  : Oui, il y a de l’incompréhension, du mécontentement et de la colère aussi. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ? Quand la vie est déjà si difficile, devoir sortir 100 euros supplémentaires chaque année, et parfois beaucoup plus, comme nous en avons de nombreux exemples, ce n’est pas facile. Pour les foyers les plus modestes qui sont très nombreux dans notre ville, c’est même parfois impossible sans toucher aux dépenses les plus vitales. Pour se faire élire, Éric Vuillemin qui, en tant maire sortant, n’ignorait rien de la situation de la ville, avait promis de continuer à baisser les impôts. Chacun est aujourd’hui à même de juger le décalage entre sa promesse et sa décision.
LDA : Pour la justifier, le maire explique que c’est la faute du gouvernement avec la baisse des dotations de l’État et celle de ses prédécesseurs.
Pierre Mathieu  : On connaît le refrain. Ce n’est jamais de sa responsabilité ! Nous ne négligeons pas les conséquences des réductions budgétaires ou d’autres éléments. Mais tout cumulé, compte tenu de la situation particulière de Romilly, au global en 2015 et 2016, la ville n’a pas touché et ne touchera pas moins de dotations de l’État, mais un peu plus. Malgré cela et malgré l’annonce d’une réduction de moitié de l’effort qui sera demandé en 2017 par l’État à la ville de Romilly, Éric Vuillemin a maintenu sa décision de faire payer “plein pot” les romillons. Nous avions dit à l’époque que le maire prenait appui et prenait prétexte de la mauvaise politique gouvernementale, pour en rajouter au plan local. Malheureusement, les faits nous donnent raison. Ce coup de massue ne sert même pas à améliorer les services rendus à la population qui sont en baisse avec des tarifs qui, eux, sont en hausse. Trop c’est trop. Il faut mettre un coup d’arrêt à cette orientation.
LDA : Comment ?
Pierre Mathieu
 : En signant par exemple le plus largement possible la pétition qui est mise disposition contre le matraquage fiscal. Celle-ci avoisinne déjà le millier de signatures. Aller beaucoup loin, c’est se donner les moyens de se faire entendre avant le prochain conseil municipal du 10 décembre qui débattra notamment des impôts locaux pour 2017 qui seront définitivement fixés lors du vote du budget en début d’année. La mobilisation la plus large est indispensable pour obtenir des résultats. J’ai la conviction que c’est possible.
LDA : Les élus communistes et partenaires de Romilly et Nogent sont également dans l’action concernant La Poste et la SNCF.
Pierre Mathieu :
Oui, car ce qui se passe est tout simplement inadmissible. Retard dans la distribution du courrier, annulations et retards importants et à répétition des trains. Dans les deux cas, nous assistons à une dégradation terrible du service rendu aux usagers et au territoire. La diminution des moyens accordés aux services publics et les réductions de personnels sont dans les deux cas la source principale des dysfonctionnements qui ne cessent de s’aggraver.
LDA : Plus de 500 utilisateurs ont signé votre pétition concernant l’amélioration de la qualité du service, une baisse significative des tarifs pour les abonnements des salariés et l’arrêt des tous les trains à Romilly et Nogent. Avez-vous des réponses des autorités concernées ?
Pierre Mathieu
 : Du côté de la SNCF, c’est un peu « circulez, il n’y a rien à voir ». Mais nous n’entendons pas en rester là. Nous allons prochainement demander à être reçus avec des usagers par la direction de La SNCF. La cause des retards des trains est loin d’être seulement imputable à la vétusté du matériel. La signalisation défaillante, les mises à quai tardives des trains en gare de l’Est, la priorité donnée à d’autres trains (TGV, Transilien...) en cas de difficultés liées au trafic, c’est le quotidien, pour ne pas dire le cauchemar, des utilisateurs réguliers. Et pour l’instant, personne ne semble vouloir bouger sur la question des tarifs discriminatoires qui s’appliquent aux abonnés de Romilly et de Nogent. Ceux-ci subissent des tarifs prohibitifs pour leurs déplacements professionnels. Du côté de la Région Grand Est, qui a décidé de reprendre dans son giron l’exploitation de la ligne, le discours se veut résolument optimiste. “Pas d’inquiétudes à avoir, tout va s’arranger !” On le souhaite évidemment. Et le plus tôt serait le mieux. Mais faire beaucoup mieux pour les usagers en matière de transport ferroviaire sans moyens financiers supplémentaires comme le veut la région, cela relève quand même un peu de la mission impossible... D’où l’importance, au-delà des discours, d’obtenir des réponses très concrètes aux questions posées, notamment sur le nombre de trains qui desserviront Romilly et Nogent, sur leurs positionnements horaires, sur l’évolution des tarifs, sur l’amélioration significative de la régularité et de la qualité de service, sur une meilleure concertation avec les usagers. Nous continuerons d’être dans l’action au service des usagers.

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