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Cliniques privées - Montier-la-Celle...

Avis de coups de bistouri au porte-monnaie

mercredi 28 septembre 2016 , 481 : visites , par Rémi

Livrée depuis des décennies à la marchandisation et à la concurrence, la santé est devenue une source de profits substanciels pour des actionnaires privés. C’est le patient qui paie pendant que le service public est méthodiquement cassé.

PAR RÉMI


La clinique privée Montier-La-Celle fait payer au prix fort la qualité de soins que tout patient est naturellement en doit d’attendre.

Né d’une récente fusion des groupes Vedici et Vitalia, le groupe Elsan, propriétaire de la polyclinique Montier-La-Celle à Saint-Andréles- Vergers, est devenu, avec 12%, le numéro deux du secteur de l’hospitalisation privée en France. Elsan possède 81 établissements avec un chiffre d’affaires annuel de 1,2 milliard. La fusion a été l’occasion pour le groupe de mettre sur la table une enveloppe de 250 millions d’euros d’investissements d’ici à 2018, notamment pour moderniser ses infrastructures et équipements. C’est ainsi le cas pour Montier-La-Celle où, louangeait récemment la presse départementale (19/09/2016), deux millions d’euros ont permis de moderniser cette clinique privée.


Retours sur investissements
Un plan com’ « aux petits oignons » nous vaut régulièrement d’élogieux exercices journalistiques. En juin dernier, c’était la polyclinique de Romilly-sur-Seine, appartenant au même groupe, qui avait eu les honneurs de la presse locale. Technicité, confort et modernité à tous les étages... À croire que le secteur privé de la santé a vocation philanthropique. Il n’en est évidemment rien et le vernis “tape à l’oeil” recouvre des pratiques tarifaires qui assureront aux actionnaires de très juteux « retours sur investissements ». Tout est prévu pour. Augmentation du prix des chambres, 28% en un an à Montier-La-Celle - en « confort hôtelier » ! -, avec une facturation à la journée qui double la mise pour une seule nuit en clinique. Mais les gros bataillons, gardiens de la profitabilité, ce sont les dépassements d’honoraires. Une enquête, publiée à l’automne 2015, constatait qu’ils ont globalement augmenté en France de 7%, entre 2013 et 2014 (de 754 à 805 millions d’euros). Une faible partie est imputable à l’hôpital (70 millions d’euros), le reste allant aux cliniques et médecins libéraux. Le groupe Elsan n’y va pas avec le dos de la cuillère et opère à grands coups de bistouri les porte-monnaie !

Un accès universel aux soins
300% de dépassement pour une “Sleeve”, de 125% à 135% pour une prothèse du genou, ou encore de 140% à 165% pour une prothèse de la hanche, par exemple. Rien d’étonnant, avec de telles pratiques, dans le cri d’alarme d’une association de consommateurs, selon laquelle la « fracture sanitaire s’élargit ». C’est le résultat de décennies d’une politique d’ajustement des besoins médicaux sur ceux de la finance, de la médecine libérale et des assurances privées. La casse de l’hôpital et des maternités de proximité, la mise en place de la loi HPST, des ARS et de la T2A, la remise en cause de la Sécurité sociale solidaire et du Code de la Mutualité et les groupements hospitaliers de territoires (GHT)... autant de déclinaisons des injonctions ultralibérales de Bruxelles visant à une marchandisation en totalité du secteur de la santé. Sensé réguler depuis 2013 les dépassements d’honoraires, le Contrat d’accès au soin est un échec. Il n’a permis, en 2013, de réduire les dépassements que de 59 millions d’euros sur un total de 2,46 milliards. Alors que la santé passe d’un droit à un luxe, le PCF préconise l’abrogation de toutes les lois de marchandisation du secteur (HPST, ARS, T2A...) et d’instituer le remboursement à 100% des dépenses couvertes par la Sécurité sociale, y compris pour les lunettes et les soins dentaires. Les moyens existent pour un accès universel à des soins de qualité.
 

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