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Société

Le premier terrorisme est celui du dieu argent

vendredi 5 août 2016 , 221 : visites , par Rémi

Les déclarations du pape François sur le “dieu argent” s’inscrivent dans la continuité de précédentes, où il appelle à une“réforme financière qui soit éthique et qui entraînerait [...] une réforme économique salutaire pour tous”.

« Au centre de l’économie mondiale, il y a le dieu argent et non la personne, l’homme et la femme, voilà le premier terrorisme. [...] Ceci est un terrorisme de base, contre toute l’humanité. Nous devons y réfléchir », a déclaré le pape François au terme des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à Cracovie. Il avait, peu avant, commencé à enfoncer le clou : « Le monde est en guerre parce qu’il a perdu la paix. Quand je parle de guerre, je parle d’une guerre d’intérêts, d’argent, de ressources, pas de religions. » Des paroles pontificales qui ont fait sortir du bois les nostalgiques de l’ultra-conservatisme de Benoit XVI, sans doute plus “en phase” avec les propos homophobes tenus la semaine dernière par l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois.

La paraphrase d’un autre François
Au coeur de l’église catholique sont en action les mêmes contradictions que celles qui soustendent notre société et en sont le moteur. La clarté des mots du pape, leur portée progressiste et, disons-le, émancipatrice, est un coup de balai pour évacuer des scories de conservatismes, parfois plus que séculaires. La résonance mondiale des paroles pontificales, des inflexions qu’il donne et du sillon qu’il trace ne doivent échapper à personne. Non sans humour, on pourrait dire que le pape a presque paraphrasé le « mon ennemi, c’est la finance » d’un autre François, Judas pour ceux qui l’ont porté au pouvoir. Mais la justesse du discours ne peut qu’être le reflet d’une réalité qu’il faudrait être aveugle pour ne pas voir. Le « dieu argent » fait des ravages sur toute la planète. Ravages sociaux, mais aussi sociétaux et environnementaux. Un dieu à qui l’on célèbre des messes derrière les portes closes des conseils d’administrations des multinationales et des banques. Sans doute aussi, ces paroles traduisent- elles une volonté plus affirmée d’implication active dans le monde “temporel”.

Que l’un fut de la chapelle...
En prenant position sur les maux de notre société et en désignant sans ambiguïté - comme rarement elle le fit au cours de son histoire - les compères circonstanciels et le coupable ultime, l’argent, l’Église renoue avec des valeurs originelles qui ont motivé la foi de millions de personnes. Bien des prises de paroles, depuis le début du pontificat ; sur la pauvreté, l’environnement, les migrants, etc., font grincer pas mal de dents intégristes et réactionnaires. On ne peut que s’en féliciter quand, au même moment, des harpies du genre Nadine Morano, tisonnent la haine anti-musulmane au seul but d’exister dans une primaire à droite face à Sarkozy. Le terrorisme que nous vivons actuellement n’est qu’une des têtes de l’hydre créée par le capitalisme mondialisé  : « combien de jeunes [...] avonsnous laissés, vides d’idéal, qui n’ont pas de travail... Ils vont là-bas et ils s’enrôlent dans les groupes fondamentalistes. » La misère du monde, décrite par Pierre Bourdieu et d’autres sociologues, qui s’accroît de manière exponentielle alors que la richesse se concentre dans de moins en moins d’individus, appelle de profonds changements et une mobilisation populaire la plus large possible autour des valeurs d’humanité, de partage et de progrès. « Que l’un fut de la chapelle/Et l’autre s’y dérobât... », a chanté Louis Aragon. Comme au temps de la Résistance, les volontés et les forces ne seront jamais de trop pour ensemble détrôner le roi-argent.


“Nous devons faire des ponts. [...] Ils se font par le dialogue, par
l’intégration”, déclarait récemment le pape à propos des migrants.

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