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Terrorisme

Il est temps d’aller au fond des questions

jeudi 28 juillet 2016 , 303 : visites , par LDA

Les tueries terroristes, qui se multiplient en France et dans d’autres pays, signent l’obsolescence du tout sécuritaire mis en oeuvre par le pouvoir. Un grand débat national doit être mis à l’ordre du jour.
Daesh a lancé un appel à devenir « amok » (fou meurtrier). Bien sûr, parmi ceux qui y répondent, il existe des éléments radicalisés à une sorte d’exégèse raciste, antisémite, homophobe et misogyne de l’Islam. Évidement, on trouve, ici ou là, des revendications, ou de pseudo justifications de ces passages à l’acte, d’individus radicalisés très peu de temps avant leurs tueries, et avec une libéralité vis-à-vis des dogmes assez édifiante. On voit bien que cela, pour eux, n’était qu’un prétexte exutoire. Et il est à craindre, après le nouveau carnage perpétré à Saint-Étienne-du-Rouvray, la multiplication de tels actes par des individus de plus en plus éloignés de la religion ou des intérêts de ceux dont ils se réclament.

Une sorte de réveil des zombies
Une sorte de réveil des zombies est en cours. Tous ces gens qui se retrouvent dans une impasse peuvent se trouver confortés par ces appels et vouloir finir leur vie en perpétrant un crime de masse. On pourra mettre toutes les forces de police municipales ou nationales que l’on voudra, rendre permanent l’état d’urgence, on ne pourra pas éviter ces passages à l’acte. Tout peut se retourner en arme, et n’importe quel coin de France peut devenir le théâtre d’un drame terrifiant. Notre société est devenue experte en exclusion, en désespérance, en ghettoïsation. Chaque jour, elle fabrique de l’humiliation sociale : les disparités de niveau de vie, le cynisme de la finance, la concurrence de tous avec tous, les angoisses écologiques et climatiques, le refus de vivre autrement pour que d’autres vivent mieux... nourrissent la démence meurtrière. L’UE vient de se déshonorer avec un accord de la honte sur le dos des migrants, faisant de la Méditerranée une immense douve dont le pont-levis est en Turquie. On veut nous faire croire que le mal est ailleurs et que notre salut dépendrait de quelques biceps en képis supplémentaires et de volets et verrous bien fermés. Le mal est chez nous.



La racine du mal
Le bouillon de culture de la haine inhumaine est aussi prolifique dans notre pays qu’il peut l’être au Moyen-Orient ou ailleurs. Pour une raison évidente. Le système socio-économique « libéral » mondialisé est partout, à divers degrés près, le même. À l’évidence, il faut prendre en compte d’autres facteurs conjoncturels aggravants, mais la racine du mal est toujours identique. Que vaut la liberté quand l’inégalité creuse, sans relâche plus profonds et plus larges, d’infranchissables fossés ? Que vaut la fraternité quand, dans la “compétition” où est réduite une vie humaine, l’individualisme prédateur est le moyen et l’argent la mesure de toute réussite ? Ce sont là des causes profondes que nos gouvernants seraient bien avisés de méditer et surtout de commencer à y remédier. Face à cette nouvelle tragédie, notre pays, comme tant d’autres, est confronté à un immense défi : vaincre Daesh, assurer une meilleure sécurité pour nos concitoyens dans un État de droit et, surtout, faire grandir dans notre société, par l’intervention populaire et citoyenne, les valeurs de solidarité et de progrès pour tous. Un grand débat national doit être mis à l’ordre du jour pour réfléchir aux orientations des politiques publiques à mettre en oeuvre. Que les petits jeux politiciens et les surenchères irresponsables s’arrêtent pour un débat démocratique allant au fond des questions, afin de mieux agir.

Lutter contre le terrorisme, c’est d’abord respecter ce que les tueurs veulent abattre : démocratie, État de droit, refus de toute stigmatisation.

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