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Inégalités

Les vacances : un droit, pas un privilège

jeudi 28 juillet 2016 , 283 : visites , par Rémi

Trois millions d’enfants ne quitteront pas leur domicile cet été, même pour une nuit. La moitié des enfants de familles ayant moins de 1 500 euros mensuels de ressources n’est pas partie en vacances depuis 2011.
Ils étaient 37% l’année dernière, ils sont cette année 43% à n’avoir pas prévu d’aller en vacances. Un jeune sur deux n’y va pas non plus. Deux chiffres avec une seule et unique raison : le manque (ou le besoin) d’argent dans plus de 60% des cas. Une inégalité devant l’accès aux loisirs, d’une manière générale, que confirme l’Observatoire des inégalités : 80% des cadres supérieurs partent en congés chaque année contre 50% des ouvriers. À Romilly-sur-Seine, commentant la suppression des classes de neige par la droite municipale, un adjoint, cardiologue par profession et sans coeur de son état, avait eu cette révulsante sortie : « tout le monde n’est pas obligé d’aller au ski ». Le bourgeois et le notable peuvent aller slalomer en se faisant dorer la pillule, le fils ou la fille de “prolo” non. Les vacances sont un droit. Mais un droit de moins en moins soutenu par la collectivité, les communes au premier chef avec l’austérité, ce mouton noir dont on charge le large dos après avoir élagué les budgets des loisirs, comme ceux de la solidarité et de la culture.

Et comme le montrent d’autres études, des mesures d’aide aux vacances, comme les chèques-vacances réservés aux salariés, datent d’une quinzaine d’année et ne touchent plus les plus pauvres, au moment où les inégalités se creusent de plus en plus. D’après le Crédoc, moins d’un quart des Français ont bénéficié d’une aide financière pour partir en vacances : 14% sous forme de chèques-vacances, 10% d’autres aides d’entreprise ou de comités d’entreprises et 5% une aide de la CAF. Des associations, comme le Secours populaire ou Jeunesse en plein air (JPA), qui fédère 43 organisations, mettent l’accent sur l’absence d’une politique ambitieuse de la part des gouvernement successifs. En décembre dernier, JPA a fait une quinzaine de propositions pour améliorer la mixité sociale dans l’accès aux colos. Création d’un « chèque-colo », développement de l’accompagnement des familles... Jacques Durand, président de JPA, concluait son rapport par un appel aux « élus de la République, actuels ou en devenir ». Un appel qui attend encore d’être entendu face à une triste réalité qui ne se dément pas d’une année sur l’autre, pas même en ce 80ème anniversaire de la loi instaurant les congès payés, promulguée le 20 juin 1936. Quatre millions d’enfants partaient en colo dans les années 1960, 1,2 million en 2015. Facteur important de cette “crise des colos” : la baisse des subventionnements. Indispensable coupure, parenthèse régénératrice qui aide à mieux vivre le quotidien, les vacances remplissent des fonctions sociales éminentes et indispensables dans une société où les écarts entre les couches sociales atteignent des niveaux critiques. Nécessaires et pas un luxe, accessibles à tous et non élitistes, les vacances : un droit, pas un privilège.

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