“Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu.” Bertolt Brecht

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Tuerie de Nice

Face à la terreur...

mercredi 20 juillet 2016 , 279 : visites , par LDA

Après avoir donné dans la surenchère sécuritaire, la droite a mis en sourdine ses critiques tandis que le pouvoir s’en tient à des mesures institutionnelles. Face à la terreur, l’action publique doit changer son logiciel.

Ce devait être un soir de fête et c’est devenu un jour d’effroi. Après Paris, Istanbul, Orlando, Bamako, Bruxelles ou Bagdad, la furie terroriste s’est abattue sur Nice. Les circonstances du crime et les motivations de l’assassin sont encore trop floues pour en tirer toutes les conclusions. L’incertitude qui règne sur cet odieux carnage nous plonge dans une angoissante perplexité. Et la revendication tardive de cette atrocité par Daech ne nous informe en rien sur ses raisons profondes. Elle nous dit cependant que le terrorisme fanatique est bien ce décor obscur dans lequel se meuvent des fanatiques, des petites frappes frustrées, d’imbéciles voyous, prêts, pour des raisons diverses, à devenir des assassins de masse, sans le début d’un frémissement de conscience. Depuis le 7 janvier 2015, la menace terroriste s’inscrit dans notre quotidien. Elle frappe aussi en dehors de la capitale, comme s’il fallait partout s’habituer au carnage. Là se situent sans doute l’horreur véritable et l’ultime dessein du terrorisme : la banalisation d’une épouvante qui prêterait le flanc aux réflexes les moins raisonnés, à la recherche de la dislocation, de la division de nos sociétés, ouvrant la voie au triomphe de l’abominable secte des égorgeurs, mitrailleurs aveugles, des lanceurs de bombes et de camions fous.

Raisonner, penser, peser...
Il va donc falloir raisonner, penser, peser les mots et les images pour se défier de la haine qui trouve dans ces circonstances un terreau si fertile. Il va falloir le faire en résistance aux assassins comme à ceux qui les inspirent. Le faire contre les tentations qui s’expriment dans notre société de baisser pavillon sur les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité, celles justement fêtées ce soir de 14 juillet. Inutile de cacher l’ampleur du défi. Le terrorisme fanatique - et les formes mutantes qu’il endosse
- risque d’être une donnée du monde qui vient s’il continue cette course folle. La sécurité intérieure est donc une grande question, un grand défi pour toutes celles et tous ceux qui ont légitimement à coeur d’être protégés et de préserver, de faire fructifier nos libertés individuelles et collectives, nos moments de communion. L’état d’urgence ne l’aura pas permis. Il ne permettra pas plus aujourd’hui de répondre à ce nouveau type de terrorisme, dont seuls des démagogues politiciens osent prétendre pouvoir à tous les coups prévenir les horribles méfaits. Comment faire pour que nos larmes ne deviennent pas des larmes d’impuissance reversées à chaque nouveau coup porté ? Ce sont des questions que les progressistes et humanistes auraient grand tort de laisser en jachère, ou à une droite engluée dans une nauséabonde surenchère avec son extrême. Misons sur une action internationale résolue pour assécher les réseaux et les organisations terroristes, et pour encourager partout les forces démocratiques et progressistes, pour un co-développement solidaire et durable, pour des mesures de sécurité intérieure efficaces, garantissant toutes les libertés, et la promotion d’une société de partage et d’égalité. Ce sont là d’indissociables directions que devrait prendre l’action publique, associées à une nécessaire mobilisation solidaire de toute la société et des citoyens. Un chemin dans lequel les démagogues de tout acabit et de tous pays n’ont aucune place.

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